La metformine, ce traitement anti-diabète dont raffole la Silicon Valley dans l'espoir de rajeunir

Vous connaissiez les lubies martiennes d’Elon Musk? Voici les obsessions de vie éternelle de Sam Altman, jeune gourou des start-up américaines et patron d‘OpenAi, l’entreprise à l’origine de ChatGPT.
Comme le raconte le MIT Technology Review, Altman a récemment investi 180 millions dans Retro Biosciences, une petite entreprise bien décidée à faire gagner 10 ans de durée de vie aux humains. Cet objectif est une des fascinations de l’homme d’affaires de 35 ans qui se tient d’ailleurs à une hygiène de vie stricte pour retarder son propre vieillissement. "Essayer de manger sainement, de faire de l'exercice, de dormir suffisamment" résume-t-il.
À cela, il ajoute un petit comprimé devenu tendance dans la Silicon Valley: la metformine. Cette molécule n’est pas nouvelle, elle a même été décrite pour la première fois en 1922. Mais c’est à la fin des années 1950 qu’un médecin français découvre ses propriétés antidiabétiques.
"Echapper à la mort"
Durant les décennies suivantes, elle devient un des médicaments phares en première intention contre le diabète de type 2. Bien tolérée, la metformine affiche peu de contre-indications - même si des risques peuvent survenir.
Depuis quelques années, elle connaît un regain d’attention pour ces propriétés contre le vieillissement. Au-delà de Sam Altman, un des ambassadeurs est le milliardaire Bryan Johnson.
Totalement obsédé par la vie éternelle, l’entrepreneur consacre sa fortune à rajeunir, notamment avec la metformine mais aussi avec des cocktails de vitamines. Avec une idée principale: "échapper à la mort".
Pas une pilule miracle
Mais si la metformine intéresse réellement les médecins, elle passionne surtout la Silicon Valley. Peu coûteuse - quelques centimes pour un comprimé - elle passe ainsi de startup en startup. “Même si je ne suis pas pré-diabétique, c’était à faible risque, alors je l’ai essayé et j’ai pu rapidement sentir que cela améliorait également mon métabolisme” racontait déjà en 2019 un investisseur américain à CNBC.
Mais il ne faut pas y voir une pilule miracle. "Ce type de molécule va stimuler la curiosité de personnes qui cherchent une solution miracle justement, mais cela n’en est pas une car on sort complètement de la prescription médicale lorsque l’on prend de la metformine alors qu’on n’est pas diabétique” explique sur Doctissimo Christophe de Jaeger, médecin gériatre et chercheur français spécialisé dans le vieillissement du corps humain.
"En somme, il n’y a pas de solution simple et univoque pour répondre au processus complexe qu’est la sénescence" prévient-il.
Un autre anti-diabétique, l'Ozempic, est lui aussi devenu à la mode sur les réseaux sociaux pour ses propriétés coupe-faim. Mais ce médicament injectable présente des risques plus importants, obligeant l'Agence nationale du médicament (ANSM) et l'Assurance maladie en France à renforcer sa surveillance sur son usage.