BFM Tech

Sam Altman, Fei-Fei Li... Les grandes personnalités derrière l'intelligence artificielle

BFM Business Sylvain Trinel
placeholder video
Avec le Sommet de l'IA qui se déroule à Paris du 10 au 11 février, de nombreux grands noms de l'intelligence artificielle seront de la partie. Zoom sur les grandes personnalités dans une liste évidemment non exhaustive.

Si l'intelligence artificielle est aujourd'hui dans tous les esprits, c'est notamment grâce aux travaux et aux investissements de plusieurs personnalités de la tech et de la recherche.

Elles seront, pour certaines, à Paris pour le Sommet de l'IA voulu et organisé par Emmanuel Macron, et qui se déroule à Paris du 10 au 11 février 2025. Tech&Co vous en a sélectionné neuf parmi les plus incontournables, et qui ont toutes comme point commun d'avoir oeuvré sur l'IA et plus particulièrement l'IA générative.

· Geoffrey Hinton

Geoffrey Hinton
Geoffrey Hinton © Jonathan NACKSTRAND / AFP

Informaticien et neurobiologiste de 77 ans, Geoffrey Hinton a travaillé pendant dix ans chez Google, notamment sur les réseaux de neurones artificiels, qui permettent de conscientiser une intelligence artificielle générative. Ils sont présents dans les versions les plus avancées des modèles de langage d'OpenAI, Deepseek ou encore Mistral AI.

Il a contribué aux avancées majeures sur le deep learning (apprentissage profond) et a donc permis à Deepmind, l'entité de Google dédiée à l'IA, de lancer Gemini.

Mais en 2023, Geoffrey Hinton quitte l'entreprise et alerte sur les dangers de l'intelligence artificielle, notamment lorsqu'elle est entre les mains d'entreprises privées. Pour son rôle dans le développement de l'IA, il a reçu le prix Nobel de physique en octobre 2024. A cette occasion, il avait souligné "regretter le travail d'une vie" face aux abus possibles.

· Yann Le Cun

Yann Le Cun
Yann Le Cun © JULIEN DE ROSA / AFP

Lauréat du prix Turing 2018, Yann Le Cun est le directeur scientifique de l'IA chez Meta. Il est, comme Geoffrey Hinton, à l'origine d'avancées majeures en matière d'intelligence artificielle, notamment sur l'apprentissage profond. On lui doit notamment les réseaux de neurones convolutifs, qui permettent là encore aux modèles de langage d'être plus perfectionnés et de préparer, un jour, l'IA générale.

Contrairement à Geoffrey Hinton, le Français prône une IA toujours plus autonome, notamment en travaillant sur un apprentissage auto-supervisé. En 2023, il s'était prononcé contre la possibilité d'un moratoire contre le développement trop rapide de l'IA, décrivant l'initiative comme un "nouvel obscurantisme".

· Fei-Fei Li

Fei-Fei Li
Fei-Fei Li © Craig Barritt / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Ancienne responsable du laboratoire sur l'intelligence artificielle de Stanford, Fei-Fei Li est moins présente dans les médias que ses collègues masculins, elle est pourtant connue pour ses travaux sur la vision par ordinateur - qui permet à une IA de comprendre une image ou une vidéo - et est surtout l'une des instigatrices d'ImageNET.

Cette base qui a vu le jour au milieu des années 2000, propose plusieurs dizaines de millions d'images comprenant des descriptions précises de ce qu'elles contiennent. Cela a permis à des IA génératives d'apprendre sur celles-ci. Fei-Fei Li se positionne d'ailleurs pour une IA éthique et inclusive.

· Timnit Gebru

Timnit Gebru
Timnit Gebru © Kimberly White / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Le combat mené par Fei-Fei Li est aussi celui de Timnit Gebru, une ancienne chercheuse de chez Google, qui a notamment co-fondé l'institut de recherche sur la distribution d'IA. Avec ses travaux, elle cherche à créer des modèles de langages parlant à tout le monde, toutes les communautés et toutes les civilisations.

C'est principalement pour cela qu'elle a été licenciée par Google en décembre 2020. Elle dénonçait à l'époque les travaux de l'entreprise faits de biais algorithmiques et d'un manque de diversité. Elle fait partie des femmes les plus influentes de la planète selon un classement du Time en 2022.

· Demis Hassabis

Demis Hassabis
Demis Hassabis © Jonathan NACKSTRAND / AFP

Il sera présent lors du Sommet pour l'IA de Paris, Demis Hassabis est l'un des visages de l'IA, puisqu'il a co-fondé Deepmind, désormais filiale de Google. Il a notamment conçu une intelligence artificielle, baptisée AlphaGo, qui a réussi à battre des champions humains au jeu de Go. C'est lui et son équipe qui ont également conçu un modèle permettant de prédire la structure des protéines, ce qui a permis des avancées majeures dans le domaine de la médecine.

S'il est encore chez Google, Demis Hassabis a plusieurs fois signé des tribunes pour "réduire le risque d'extinction posé par l'IA", pour notamment en faire une priorité mondiale.

Il rejoint néanmoins Yann Le Cun sur son refus d'une pause dans le développement de l'IA, arguant qu'il serait trop difficile de rassembler le monde entier autour de cette idée. En revanche, il souhaite développer des moyens d'évaluer les moyens d'une IA, notamment pour mieux la contrôler.

· Sam Altman

Sam Altman, patron d'Open AI.
Sam Altman, patron d'Open AI. © Patrick T. Fallon

Mis en lumière par ChatGPT, Sam Altman a rendu l'intelligence artificielle générative accessible au plus grand nombre, et a surtout créé un business juteux. En créant OpenAI en 2015 (notamment avec Elon Musk), ce financier a su faire de cette entreprise un futur mastodonte du secteur.

Aidé par Microsoft, il a ainsi lancé en novembre 2022 ChatGPT, aujourd'hui considéré comme la référence dans le domaine de l'intelligence artificielle générative. Le succès de l'outil a ensuite entrainé une vague de nouvelles IA et des investissement à grands coups de centaines de milliards de dollars dans la Silicon Valley.

Avec ses travers comme ses qualités, notamment vis à vis de son apprentissage, probablement pris au sein de sources sous droit d'auteur, ChatGPT a ouvert la voie de l'IA pour le grand public. Après avoir souhaité une entreprise sans but lucratif, Sam Altman veut avancer vite, et prévoit de rendre sa société rentable d'ici à 2030.

ChatGPT mis à part, on doit aussi à OpenAI le développement d'autres applications IA comme Sora, qui permet de créer des vidéos de toute pièce ou Dall-E pour générer des images.

· Elon Musk

Elon Musk et Donald Trump, lors d'un meeting, le 5 octobre 2024
Elon Musk et Donald Trump, lors d'un meeting, le 5 octobre 2024 © Jim Watson

Le très décrié milliardaire, co-fondateur d'OpenAI, mais aussi de Paypal et SpaceX, qui a racheté Twitter (devenu X), ne pouvait pas ne pas être dans cette sélection. S'il n'a rien d'un chercheur, il a néanmoins le souhait de révolutionner le monde, et c'est dans cette optique qu'il a fondé xAI.

Cette startup spécialisée dans l'IA a ainsi donné naissance à Grok, l'IA générative accrochée à X, qui permet de concevoir textes et images sans aucune limite. Il est devenu simple comme bonjour de créer des fausses informations avec une précision sans commune mesure.

Elon Musk, qui est également le nouveau bras droit de Donald Trump, qui vient d'entrer à la Maison Blanche, pourrait également grandement influer sur la politique du président américain au sujet de de la régulation de l'IA.

· Jensen Huang

Le patron de Nvidia
Le patron de Nvidia © Patrick T. Fallon / AFP

Vu comme un génie un peu fou lorsqu'il insistait sur l'importance de l'IA dès le milieu des années 2000, le patron de Nvidia, qui crée des puces pour faire tourner les serveurs IA, Jensen Huang aura vu juste sur toute la ligne. Son entreprise est désormais l'une des premières capitalisation mondiale grâce à son omniprésence dans les serveurs qui font tourner les principaux modèles de langage.

Si l'arrivée de l'IA chinoise Deepseek a calmé les ardeurs des investisseurs, les puces de Nvidia n'en restent pas moins extrêmement performantes. Pour une société qui n'a aucune usine, on peut néanmoins dire qu'elle est l'une des pionnières de l'IA, qui a vu venir la tsunami bien avant tout le monde.

· Lisa Su

Lisa Su, à la tête d'AMD, est la première femme à décrocher la tête du classement réalisé par Associated Press.
Lisa Su, à la tête d'AMD, est la première femme à décrocher la tête du classement réalisé par Associated Press. © Suzanne Cordeiro - AFP

Consacrée "patronne de l'année" par le prestigieux magazine Times, Lisa Su n'a pas seulement sauvé son entreprise de puces AMD d'une mort certaine en 2014, elle a aussi bousculé toute l'industrie des semi-conducteurs, jusqu'à Nvidia, en proposant des cartes et des puces à des prix bien plus compétitifs que son illustre concurrent.

Si AMD n'est pas aussi présent dans les serveurs, sa faculté à innover pour proposer des produits moins onéreux lui permet de se tailler une part suffisamment importante pour faire la différence.

Face à Intel qui est dans une situation bien plus compliquée, AMD peut se targuer d'être une entreprise qui compte dans l'IA, et il est certain qu'elle sera scrutée de près dans les années qui viennent.