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Reporters sans Frontières dénonce les dérives de Twitter et de l’intelligence artificielle

BFM Business Julie Ragot
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Dans son édition 2023 du classement de la liberté de la presse, Reporters sans Frontières pointe du doigt une tendance vers la désinformation, portée par les évolutions de Twitter et les avancées de l’intelligence artificielle.

Les nouvelles technologies sont-elles un danger pour la liberté de la presse et l’information? A en croire Reporters sans Frontières, elles sont bien en passe de le devenir. Dans sa 21ème édition du classement de la liberté de la presse, l’organisation non gouvernementale s’inquiète en effet des effets de "l’industrie du simulacre".

"La volatilité [des situations dans les différents pays] est aussi le produit de la croissance de l’industrie du simulacre, qui façonne et distribue la désinformation, et donne des outils pour la fabriquer", note RSF dans son analyse globale.

Midjourney, symbole de désinformation

L’organisation pointe en particulier du doigt les effets de l’intelligence artificielle et les récentes campagnes de désinformation, causées par exemple par la cinquième version de Midjourney, qui a permis de créer de fausses illustrations de Donald Trump en prison ou d’Emmanuel Macron en éboueur. "La différence s’estompe entre le vrai et le faux, le réel et l’artificiel, les faits et les artefacts, mettant en péril le droit à l’information", s’inquiète ainsi Reporters sans Frontières.

"Les capacités de manipulation inédites sont utilisées pour fragiliser celles et ceux qui incarnent le journalisme de qualité, en même temps qu’elles affaiblissent le journalisme lui-même", ajoute l’organisation.

Les cas de désinformation liés à l'intelligence artificielle se sont en effet multipliés ces dernières semaines. En plus des dérives de Midjourney, certaines IA permettent désormais de fabriquer de fausses interviews de personnalités, vivantes mais aussi décédées.

"Une logique arbitraire et censitaire"

Mais l’intelligence artificielle n’est pas la seule cible de l’organisation de défense de la presse: Twitter, en particulier depuis l’arrivée d’Elon Musk, est aussi explicitement visé par RSF. "Le propriétaire de Twitter, Elon Musk, pousse quant à lui à l’extrême une logique arbitraire et censitaire, démontrant que les plateformes sont des sables mouvants pour le journalisme."

Il y a quelques semaines, RSF s’était déjà insurgé contre les pratiques du milliardaire suite à sa décision d’appliquer une réponse automatique en forme “d’emoji crotte” à toute demande de la presse.

Outre ces apartés spécifiques, l’organisation a délivré son traditionnel classement des pays, respectant le mieux la liberté de la presse en cette période "d’instabilités politique, sociale et technologique". La Norvège conserve sa première place pour la septième année consécutive. La Corée du Nord termine de son côté une nouvelle fois à la dernière place. La France gagne elle deux positions dans le classement, passant de la 26ème à la 24ème place.