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"Nous n'avons pas l'intention de licencier": le patron de Duolingo répond aux critiques sur l'utilisation de l'IA

BFM Business Théotim Raguet
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Luis von Ahn commente la controverse autour de l'utilisation de l'IA pour générer des cours sur l'application Duolingo. Il affirme que les recrutements continuent malgré l'intégration de la technologie.

"Nous recrutons au même rythme qu'auparavant." Dans une interview accordée au New York Times, Luis von Ahn, patron de Duolingo (application qui propose des leçons pour apprendre à parler d'autres langues), revient sur les critiques qui ont ébranlé son entreprise.

Duolingo avait annoncé plus tôt dans l'année se résoudre à utiliser l'IA dans la production de ses leçons. Une déclaration qui avait soulevé un certain nombre d'inquiétudes, notamment pour les employés de l'entreprise.

Un passage à l'IA mitigé

Au mois d'avril, le patron avait déclaré que Duolingo allait désormais se focaliser sur l'intégration de l'IA pour accroître drastiquement sa productivité, devant une "entreprise qui priorise l'IA". Elle a, dans la foulée, lancé près de 148 nouveaux cours créés à l'aide de l'intelligence artificielle générative.

Comme le rapportait Techcrunch, un mail de Luis von Ahn partagé sur Linkedin a suscité de nombreuses questions. "Nous allons graduellement arrêter d'utiliser des contractuels pour faire le travail qu'une IA peut gérer", pouvait-on lire dans ce mail. Ou encore, "plus d'effectif sera alloué aux équipes qui ne peuvent pas automatiser davantage leur travail".

Cette annonce a eu deux effets pour l'entreprise à la chouette verte. Un premier positif, puisque ce passage à l'IA a conquis les investisseurs, les actions ont bondi de plus de 20% peu de temps après. Mais, le revers de la médaille, c'est que cette déclaration a entraîné l'indignation d'une partie des utilisateurs, certains appelant au boycott de l'application.

Pas de controverse en interne

Malgré ces polémiques, le patron affirme que la dynamique de recrutement se poursuit comme avant. "Nous n'avons jamais licencié aucun employé à temps plein. Nous n'avons pas l'intention de le faire", déclare-t-il. L'homme affirme alors "ne pas avoir donné assez de contexte" au moment où a été publié le mail évoqué précédemment.

"En interne, cela n'a pas suscité de controverse. En externe, comme nous sommes une société cotée en bourse, certaines personnes pensent que notre seul objectif est le profit. Ou que nous essayons de licencier des employés. Mais ce n'était absolument pas notre intention."

Le patron ne cache cependant pas son engouement pour l'IA. "Au cours des cinq prochaines années, les emplois des gens vont probablement changer", explique-t-il au New York Times. Il raconte avoir mis en place des f-r-A-I-days (que l'on pourrait traduire par "vendred-I-A"), des demi-journées qui permettent aux équipes de trouver "comment devenir plus efficace avec l'IA".