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Elles pillent le web mais rapportent peu de visites aux sites: les IA génératives de nouveau pointées du doigt

BFM Business Sylvain Trinel
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Une étude menée par Cloudflare révèle qu'en dépit de leur utilisation importante du contenu présent sur le web, les IA génératives apportent peu de résultats aux sites sur lesquels elles puisent leurs informations.

Grok, ChatGPT ou encore Claude, ces noms d'IA génératives sont connus de plus en plus d'internautes grâce à leurs capacités à apporter une information -pas toujours fiable- en surfant sur le web à leur place. Mais si l'IA qui écume le web est très performante, une étude révèle que les sites concernés reçoivent peu de contrepartie en matière de trafic.

Dévoilée par Cloudflare auprès de Business Insider, cette étude montre que si des entreprises comme Anthropic et OpenAI parcourent "massivement" le web pour collecter du contenu, très peu d'utilisateurs vont ensuite sur les sites à l'origine des informations. Un déséquilibre important qui vient poser la question du statu-quo entre ces IA génératives et les contenus qu'elles récupèrent.

Un risque réel sur l'économie du web

Le vilain petit canard de la bande, sur la première semaine de janvier 2026, est incontestablement Anthropic, selon les données étudiées par Business Insider. On constate qu'il a effectué plus de 65.000 requêtes vers le web (contre 1.400 requêtes pour OpenAI) par le biais d'un robot. Un chiffre très élevé, qui a pour principale conséquence d'augmenter artificiellement le coût d'utilisation du cloud computing (le calcul nécessaire pour le fonctionnement global) pour les sites concernés, alors même qu'il ne s'agit pas d'un visiteur humain.

Cette tendance à la baisse dans ce que l'on nomme le "crawl-to-refer" (une information est envoyée à l'utilisateur qui va ensuite se diriger vers le site qui en est à l'origine) s'aggrave de mois en mois. Si Anthropic n'a pas bougé de la première place en 2025, OpenAI a, de son côté, en partie contribué au phénomène, et cela ne devrait pas s'arranger.

En clair: de plus en plus de personnes se contentent visiblement de l'information donnée par le chatbot qu'elles utilisent, même si celle-ci y ajoute une source.

Google échappe encore à la tendance

Un comportement contraire au "deal" historique du web, qui consiste à donner des sources pour "renvoyer l'ascenseur" au site à l'origine d'une information couverte ailleurs. Les IA génératives viennent donc changer la donne, ce qui pourrait avoir de très graves conséquences économiques sur les sites internet dans leur ensemble.

On note néanmoins un "bon" élève: Google. Mais comme le précise Business Insider, c'est en grande partie dû au fonctionnement de l'entreprise. Son moteur de recherche est encore très utilisé et l'IA Gemini y reste relativement discrète. Les internautes utilisant donc cette méthode "à l'ancienne" continuent donc d'aller visiter les sites à la recherche d'un résultat.

Interrogées sur cette étude, ni Anthropic, ni OpenAI n'ont fait de commentaire. La première avait néanmoins répondu au sujet d'un rapport similaire datant de juillet 2025, expliquant qu'elle n'était pas en mesure de confirmer ce ratio, évoquant des "problèmes de méthodologie". Au même moment, elle lançait un moteur de recherche pour Claude, renvoyant plus de trafic vers les sites utilisés par son IA, assurait-elle.

Notons au passage que cette étude ne concerne que le web et ne comprend pas l'activité au sein des applications natives des IA génératives.