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Dans son combat contre la musique générée par IA, Deezer va démonétiser 85% de ce type de morceaux et proposer son outil de détection breveté

BFM Business Sylvain Trinel
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Lancé en janvier 2025, l'outil de détection des musiques générées par IA de Deezer va désormais être commercialisé pour encourager la transparence du secteur, tandis que la plateforme française va frapper les créateurs de morceaux générés par l'IA au porte-monnaie.

En 2025, 13,4 millions de titres diffusés sur la plateforme de streaming musical Deezer ont été reconnu comme ayant été générés par une intelligence artificielle. En janvier 2026, ce sont 60.000 morceaux qui sont quotidiennement mis en ligne sur les plateformes (soit 39% du nombre de musiques mises en ligne chaque jour). Un chiffre inquiétant sur lequel le petit poucet français du streaming compte bien capitaliser.

Dans un communiqué, la plateforme concurrente de Spotify et d'Apple Music annonce avoir démonétisé 85% des écoutes liées à ces musiques synthétiques, car celles-ci étaient "frauduleuses", ce qui permet, selon Deezer, de "soutenir une rémunération équitable des artistes et des auteurs-compositeurs".

Deezer veut "montrer la voie" à ses concurrents et à l'industrie

D'autant que le phénomène s'accélère. En 2025, seuls 8% des écoutes étaient frauduleuses. Grâce à son outil de détection développé en interne, Deezer se targue de pouvoir à la fois éviter de reverser de l'argent à de faux artistes, mais aussi d'améliorer la qualité des écoutes de ses utilisateurs puisque les morceaux concernés ne sont pas proposés dans les recommandations et playlists officielles.

"Nous savons que la majorité de la musique générée par l'IA est téléchargée sur Deezer dans le but de commettre une fraude, et nous continuons à prendre des mesures," précise Alexis Lanternier, patron de Deezer. "Nous détectons et signalons la musique générée par l'IA et la supprimons des recommandations algorithmique, afin que nos utilisateurs puissent choisir clairement ce qu'ils souhaitent écouter."

Un choix assumé, qui vient s'afficher jusqu'au sein de ses applications où un panneau d'information est visible pour les morceaux concernés. Un choix à rebours de Spotify, qui a choisi de laisser les créateurs de musiques l'afficher dans les crédits - une option peu visible.

Conscient de l'intérêt pour son outil de détection (par ailleurs breveté), Deezer va désormais le proposer à la vente auprès de plusieurs partenaires: "A partir de maintenant, nous accordons des licences pour cette technologie afin de la rendre largement accessible," annonce Alexis Lanternier.

Deezer a notamment réalisé des tests avec la Sacem, qui gère la rémunération des ayants droit dans le secteur de la musique. Face à ses principaux concurrents, la plateforme française ambitionne de "montrer la voie".

A l'heure où de plus en plus de maisons de disque signent des accords avec des générateurs de musiques par IA, la position de Deezer marque un cap, celui qui permet de détecter et prévenir les abus, mieux encore, d'avertir et protéger les utilisateurs.