CES 2026: Boston Dynamics s’allie à Nvidia et Google Deepmind pour rendre son robot Atlas plus intelligent, dès 2028, il devrait participer à la construction de voitures Hyundai

Dans les usines de Hyundai, les robots Atlas de Boston Dynamics, la start-up que s'est offerte le groupe sud-coréen en décembre 2020, travailleront bientôt aux côtés de salariés humains. C'est en tout cas ce qu'espère la société, qui a profité du CES 2026 pour dévoiler une nouvelle version de l'Atlas, ce futur "ouvrier IA".
Pour arriver à ses fins, Boston Dynamics s'est associé avec deux partenaires de poids: Nvidia et Google Deepmind, qui a d'ailleurs embauché l'ancien directeur technique de Boston Dynamics en novembre dernier. Le premier pour utiliser ses puces, leur puissance de calcul et leur capacité à fournir les ressources nécessaires à l'apprentissage, le second pour profiter des recherches et avancées de Deepmind, sa filiale dédiée à l'intelligence artificielle, qui se chargera d'être le "cerveau" du robot. Les solutions de la filiale de Google propose ses solutions logicielles et intelligentes aux fabricants de robot comme l'est Android pour les smartphones.
Dans les usines Hyundai d'ici 2028
Le responsable de la stratégie de la start-up Marc Theermann, a confirmé que l'Atlas serait commercialisé dès le début d'année. Une avancée majeure rendue possible par ses actionnaires majoritaire, Hyundai, et minoritaire, Softbank.
Avec Atlas, Boston Dynamics cherche à réduire les tâches physiques les plus répétitives, mais peut également prendre en charge les tâches les plus risquées. En entreprise, cela pourrait donc augmenter considérablement le bien-être des salariés humains. A l'instar de Qualcomm qui vise à proposer une puce et une suite logicielle tout-en-un et qui peut apprendre des interactions avec l'humain, Boston Dynamics veut que son robot "collabore", comme il l'a confirmé lors de la conférence de Nvidia au CES de Las Vegas dans la nuit du 5 au 6 décembre.
Hyundai entend installer Atlas dans ses usines d'ici 2028. Mus par le modèle Gemini Robotics, ils auront un rôle essentiel dans la fabrication de véhicules électriques - le premier site de construction à y avoir droit sera celui situé en Géorgie, aux Etats-Unis. Gemini Robotics devrait leur permettre de comprendre des environnements nouveaux, de prendre des décisions complexes (pour un robot) et surtout de manipuler des objets avec lesquels les robots ne sont pas familiers. Autant de tâches qui sont aisées pour les humains mais encore très difficile à aborder et maîtriser pour les robots.
Ces derniers devraient commencer par se charger des tâches répétitives, comme de placer les éléments dans l'ordre requis pour leur installation dans un véhicule. Ensuite, ils devraient se voir confier des missions d'assemblage un peu plus complexes à partir de 2030. A cette date, l'objectif sera de produire 30.000 robots par an pour faire face à la demande accrue des entreprises.
Plus le nombre de robots déployés sur le terrain sera important plus Deepmind récoltera des données qui lui permettront d'affiner l'apprentissage de ses algorithmes et modèles. Mais d'ores et déjà les développeurs de Deepmind ont fait en sorte de mettre en place une sorte ca apcité de raisonnement artificiel pour empêcher les robots d'adopter des comportements dangereux pour eux ou pour les humains autour. C'est la condition sine qua non pour que les robots s'installent durablement dans les usines et dans nos vies.
Un robot pour les situations extrêmes
L'Atlas peut en outre réaliser des rotations à 360 degrés tout en disposant d'une force bien supérieure à la normale humaine. Son design, plus humanoïde que Spot, le "chien" régulièrement montré par la start-up, lui permet d'être agile. Il peut aussi s'adapter à des conditions extrêmes et est ainsi fonctionnel entre -20°C et 40°C, tout en portant des poids jusqu'à 50 kilos.

Si cela ne suffisait pas, le robot est étanche, ce qui devrait faciliter sa durabilité.
Pour Jensen Huang, également présent sur scène, Atlas est "le moment ChatGPT de la robotique". Le patron de Nvidia a estimé que l'IA "physique", qui comprend le monde réel et peut ainsi mieux raisonner, ouvrait la voie "à des applications entièrement nouvelles".
Moment ChatGPT ou non, le travail est loin d'être terminé, il ne fait d'ailleurs que commencer. De l'aveux même du patron de Boston Dynamics, Robert Playter, la marche "que nous avons passé 20 ans à maîtriser" n'était que "la partie facile": "Il reste encore énormément de travail à accomplir," avait-il indiqué à Euronews en novembre 2025.
Reste que son entreprise a réalisé des progrès fulgurants en l'espace de quelques années, tout en forgeant son modèle économique. Les Atlas ne seront ainsi pas disponibles à la vente - on parle d'un produit à plus de 150.000 dollars, mais sous la forme d'un abonnement où les mises à jour logicielles et la maintenance seront donc facturées. Un moyen de rassurer de futurs partenaires qui ne sont pas tous prêts à franchir le pas dans l'immédiat.