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SpaceX affirme qu'un satellite chinois a failli percuter un de ses appareils Starlink, à environ 560 km d’altitude, ils seraient passés à moins de 200 m l’un de l’autre

BFM Business Sylvain Trinel
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Lors du lancement d'une fusée chinois, un des satellites a failli percuter un des appareils de Starlink, affirme un des ingénieurs de l'entreprise. Une nouvelle qui relance les débats sur la place qu'ils occupent dans l'espace.

L'espace va-t-il bientôt manquer d'espace? De plus en plus de voix s'élèvent pour faire entendre les craintes sur le nombre toujours plus conséquent d'objets en orbite autour de la Terre. Et un nouvel incident pourrait bien les renforcer. Le 12 décembre dernier, un satellite lancé par une fusée de l'entreprise chinoise CAS Space s'est approché dangereusement d'un satellite de Starlink, affirme Michael Nicolls, vice-président de l'ingénierie au sein de l'entreprise américaine.

Selon les données publiées, le satellite chinois se serait rapproché à environ 200 mètres de celui de Starlink, alors qu'ils se trouvaient tous les deux à environ 560 kilomètres d'altitude.

Un "coupable" et neuf suspects

En cause, l'absence d'un plan de coordination: "Lorsque les opérateurs de satellites ne partagent pas leur calendrier (de lancement) pour leurs satellites, des approches dangereuses peuvent se produire dans l'espace," explique l'ingénieur de Space X. "A notre connaissance aucune coordination ou mesures de sécurité n'a été prise."

L'incident s'est produit aux alentours de 7h du matin (heure française) au-dessus du Pacifique oriental. Une analyse des données publiques réalisées par l'astronome Jonathan McDowell pour PC Mag a pu confirmer qu'il s'agissait bien d'un satellite lié à la fusée Lijian-1 de CAS Space. Il ne peut en revanche pas dire lequel des neuf satellites est concerné.

La fusée transportait six satellites chinois, deux fabriqués pour le compte des Emirats arabes unis et l'Egypte, et un dernier réalisé par des étudiants népalais.

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Une enquête a été ouverte par CAS Space, qui explique s'être mis en relation avec Michael Nicolls pour comprendre ce qui a pu arriver. Dans une déclaration, le groupe chinois explique néanmoins qu'il faut "valoriser l'utilisation responsable et le partage de l'espace", appelant les nations à "travailler ensemble" en ne mettant pas de côté les pays émergents.

Une enquête lancée

"En tant que fournisseurs de services de lancement, notre responsabilité prend fin une fois les satellites déployés, ce qui signifie que nous n'avons aucun contrôle sur les manoeuvres qu'ils effectuent. Néanmoins, il est dans l'intérêt de tous d'éviter la collision, donc CAS Space apportera son aide de toutes les manières possibles," souligne CAS Space.

L'objectif principal est d'abord d'identifier une chronologie, affirme l'entreprise, qui veut également pouvoir pointer du doigt un responsable. S'agit-il d'un incident lors du déploiement ou lors d'une manoeuvre? Lequel des neuf satellites est concerné? Deux questions aujourd'hui sans réponse.

Si Starlink a communiqué sur le sujet, Michael McDowell précise que la réponse apportée par CAS Space est considérée comme "raisonnable". L'affaire n'est pas classée, mais elle tente d'éviter à tout prix un potentiel incident diplomatique. Pour l'heure, aucune conclusion n'a été tirée et aucune solution mise en place pour éviter que ce problème ne se répète à l'avenir.