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"Une affaire profondément préoccupante": le premier ministre anglais Keir Starmer va ouvrir une enquête sur des licenciements au sein de Rockstar et de l’équipe dédiée à GTA 6

BFM Business Sylvain Trinel
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Accusés d'avoir diffusé des informations confidentielles, une trentaine de salariés de Rockstar estime au contraire avoir été licenciée car elle souhaitait se syndiquer.

Le 7 novembre 2025, on apprenait le licenciement avec effet immédiat de 30 à 40 salariés de Rockstar North. A l'époque, le studio et son éditeur Take Two avaient justifié cette décision en indiquant que ces salariés auraient divulgué des informations confidentielles. Mais les salariés concernés démentent formellement cette version, et expliquent que c'est leur volonté de se syndiquer qui leur a valu ce départ forcé.

Parmi la trentaine de salariés concernés, des cadres et des développeurs travaillant sur Grand Theft Auto VI - prochain épisode de la saga de jeux vidéo. L'affaire prend désormais un tournant politique.

Une enquête menée par les services du Premier ministre contre Rockstar

Questionné en session par le parlementaire travailliste en charge d'Edimbourg et d'une partie de sa région, Chris Murray, le Premier ministre anglais Keir Starmer a décrit l'affaire comme "profondément préoccupante".

"Chaque travailleur a le droit d'adhérer à un syndicat et nous sommes déterminés à renforcer les droits des travailleurs et à veiller à ce qu'ils ne subissent pas de discriminations pour leur appartenance à un syndicat," a déclaré Keir Starmer.

Il a au passage annoncé qu'une enquête allait être ouverte par ses services sur ce cas particulier, promettant de revenir prochainement vers le parlementaire concerné.

Chris Murray a de son côté affirmé avoir rencontré les responsables de Rockstar et n'avoir pas été "satisfait" de leurs réponses: "Ils n'ont pas réussi à convaincre qu'ils suivaient les lois du travail et j'ai également fait part de mes préoccupations concernant une tendance à ne pas accepter les syndicats."

Selon les salariés licenciés, c'est lors d'une réunion sur Discord avec des membres d'un syndicat de travailleurs du jeu vidéo que des messages internes ont pu être échangés dans l'objectif de clarifier une politique précise, et sa réponse au niveau syndicale.

Ce studio, parmi d'autres chez Rockstar, avait été concerné il y a quelques annéespar un scandale de crunch et de culture toxique.

Fin 2018, une enquête de Kotaku avait dévoilé l'envers du décors du développement de Red Dead Redemption 2, avec des salariés travaillant jusqu'à 60 heures par semaine, sans être systématiquement payés en heures supplémentaires. Certains d'entre eux avaient même expliqué avoir souffert de dépression et d'alcoolisme suite à cette période.

Le crunch est - malheureusement - un élément régulier dans le jeu vidéo. En fin de développement, voire bien avant, un studio qui doit tenir une certaine date de sortie imposée par son éditeur enchaîne les heures, quitte à "briser" les équipes. Rockstar n'est ainsi pas le seul à y avoir succombé, ce fut le cas de Bioware à l'époque de Mass Effect Andromeda et de Anthem - deux échecs commerciaux. On ne sait pas si le développement de GTA 6 souffre des mêmes maux, mais le titre a déjà été reporté à plusieurs reprises. Il est désormais attendu pour novembre 2026.