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Négationnisme: un mème de Carlo de Bob l'éponge mobilise le "Conseil de surveillance" de Facebook

BFM Business Julie Ragot
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Une publication de 2020 refait surface dans les dossiers du Conseil de surveillance de Facebook. Ce dernier veut s'assurer que la plateforme a pris la bonne décision face à cette publication aux propos nazis, et qu'elle a depuis mis en place les mesures nécessaires.

Instagram et sa maison-mère Facebook sont sous le coup d'une enquête du Conseil de surveillance de Facebook, chargé depuis 2020 de surveiller les actions des plateformes du groupe, en raison d'une publication mettant en avant le personnage Carlo Tentacule de la série Bob l'Eponge.

Sur cette publication datant de septembre 2020, un internaute aux 9000 abonnés avait choisi de reprendre un mème avec le personnage de dessin animé qui indique en en-tête "Faits amusants avec Carlo" et listant par la suite de fausses informations et théories du complot sur l'Holocauste, par exemple que le bâtiment qui avait été utilisé pour ce génocide avait été créé après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Laissée "par erreur"

De quoi alerter le Conseil de surveillance de Facebook puisque l'entreprise n'a dans un premier temps pas supprimé la publication, qui avait recueilli moins de 1000 likes, indiquant toutefois par la suite l'avoir laissée "par erreur".

Facebook avait, dans les semaines qui ont suivi la publication de ce message, annoncé de nouvelles mesures pour lutter contre les discours de haine visant à nier l'Holocauste. Pas de quoi toutefois satisfaire le Conseil qui avait noté que certains signalements effectués par les internautes sur la publication avaient été classés sans suite par Facebook, notamment en raison "de sa politique d'automatisation des rapports liées au COVID-19".

Cette politique permettait à la plateforme, pendant la pandémie, de fermer automatiquement les rapports non jugés comme à haut risque, afin de réduire la charge de travail des "vrais" modérateurs.

En faire un cas d'école

L'objectif du Conseil de surveillance avec cette enquête n'est toutefois pas de revenir à proprement parler sur l'affaire, déjà réglée par la suppression de la publication, mais d'en faire un exemple pour d'autres cas.

Pour rappel, le rôle du Conseil, présenté comme indépendant de la direction de Facebook, est d'examiner les décisions prises par l'entreprise "pour voir si l'entreprise a agi conformément à ses politiques, ses valeurs et ses engagements en matière de droits de l'Homme", comme l'indique l'instance sur son site internet. Le Conseil peut ainsi choisir d’annuler ou de maintenir une décision prise par la maison-mère de Facebook et Instagram.

Pour cette affaire du mème, le Conseil de surveillance de Facebook demande à l'entreprise de répondre sur plusieurs points, comme les pratiques en vigueur pour la détection automatique des discours de haine, ainsi que des détails sur sa fameuse politique d'automatisation de la modération depuis la crise du COVID-19.

Facebook a 60 jours pour répondre aux questions du Conseil de surveillance. L'entreprise a déjà indiqué sur son site dédié à la "transparence" de sa plateforme que ce contenu avait bien enfreint ses règles. Le Conseil de surveillance rendra lui dans les prochaines semaines sa décision quant à ces manquements de la part du géant américain.