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Facebook a empêché ses salariés d’échanger en interne au sujet des violences à Washington

BFM Business Raphaël Grably , Rédacteur en chef adjoint Tech & Co
Mark Zuckerberg devant le Congrès américain.

Mark Zuckerberg devant le Congrès américain. - CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

La plateforme a mis un terme à des discussions sur sa messagerie interne, après que des salariés ont appelé la direction à prendre des mesures plus fermes contre Donald Trump.

Après l’envahissement du Capitole et la mort de quatre personnes, la responsabilité des réseaux sociaux, qui n’avaient avant ce 6 janvier jamais voulu supprimer de contenu de Donald Trump, est désormais pointée du doigt. Leur impact sur la propagation de fausses informations et l’utilisation de leurs outils - comme les groupes - pour organiser des événements violents font l’objet de discussions en interne, notamment chez Facebook. D’après le média BuzzFeed News, l’entreprise a empêché ses salariés d’échanger au sujet d’un potentiel bannissement de Donald Trump.

“Donald Trump a directement incité à commettre une attaque terroriste au Capitole” a ainsi écrit un employé de Facebook sur une messagerie interne dans les dernières heures. “Nous devons supprimer son compte immédiatement. Ce n’est pas le moment de prendre des demi-mesures” avait ajouté cet employé, toujours selon BuzzFeed News, qui rappelle l’existence d’un réseau social interne baptisé Workplace, et qui regroupe 50.000 employés.

Pressions des salariés pour supprimer la vidéo de Trump

D’après le site américain, la direction de Facebook a gelé la possibilité pour ses salariés de commenter les messages évoquant en interne la politique du réseau social vis-à-vis de Donald Trump, sur trois fils de discussion séparés. Interrogée par BuzzFeed News, la porte-parole de Facebook Liz Bourgeois n’a pas souhaité donner d’explication à ce sujet.

Toujours selon BuzzFeed News, les violences de Washington ont été commentées par plusieurs salariés de Facebook critiquant la politique de la plateforme, alors qu’elle n’avait pas encore supprimé la vidéo de Donald Trump incitant les manifestants à rentrer chez eux, mais appuyant toujours la théorie selon laquelle l’élection américaine avait été truquée.

Après ces débats houleux en interne, Facebook a finalement supprimé la séquence et banni Donald Trump pendant 24 heures, sur Facebook comme sur Instagram. C’est la première fois que l’entreprise sévit contre le président américain, qui voyait jusque-là ses messages évoquant une fraude électorale agrémentés d’un avertissement de la part de Facebook.

Une stratégie que l’entreprise savait en grande partie inefficace: mi-novembre, BuzzFeed News révélait que des spécialistes de Facebook avaient évalué que ces avertissements ne diminuent les partages de ces publications que de 8%.