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"Cliquez pour être remboursé": le gouvernement va échanger avec la SNCF concernant son offre décriée de cashback

BFM Business Raphaël Grably , Rédacteur en chef adjoint Tech & Co
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Proposée par l’entreprise Webloyalty, l’offre de remboursement après un achat de billet de train s’accompagne d’un abonnement payant. Une pratique qui n’a pas été condamnée en France, mais qui reste très critiquée.

C’est un sujet qui revient souvent sur la table, notamment en période estivale. Alors que les achats de billets de trains se multiplient, la SNCF est régulièrement critiquée pour un partenariat avec l'entreprise Webloyalty.

Après avoir payé son billet en ligne, l’internaute se voit ainsi proposer un remboursement partiel dans le cadre d'un programme baptisé "Remises et réductions", commercialisé par Webloyalty. En réalité, il s’engage à payer mensuellement une somme à ce prestataire. Une pratique critiquée par le député Renaissance Philippe Latombe, qui assure avoir obtenu des engagements de la part du gouvernement.

Dans un tweet mis en ligne ce 18 juillet, l’élu affirme avoir obtenu un engagement du ministre des Transports Clément Beaune, afin de faire pression sur la SNCF pour "débrancher" l’offre de Webloyalty. Ce qu’il confirme de nouveau ce 19 juillet, interrogé par Tech&Co.

Auprès de Tech&Co, la cabinet du ministre des Transports ne nie pas cet engagement, confirmant l’existence de l’échange avec Philippe Latombe. Ses équipes assurent que des échanges seront organisés avec la SNCF pour aborder ce problème.

Si Webloyalty n’a jamais fait l’objet de condamnation en France, la DGCCRF a par le passé évoqué ces offres de cashback payantes en assurant qu’il s’agit "d’un sujet qui est appréhendé sous l’angle des pratiques commerciales trompeuses", rappelant au passage qu’il "se trouve que [...] dans la quasi-totalité des cas, l’information du consommateur est loin d’être satisfaisante [...] puisqu’on lui cache les ressorts de l’opération".

Un avis partagé par la justice italienne, qui a condamné Webloyalty à 800.000 euros d’amende en 2014, estimant que 62% des internautes s’étaient abonnés à l’offre sans s’en rendre compte. Ces offres payantes de cashback ont fait l’objet de multiples mises en garde de la part d’associations de protection des consommateurs.

Contactée par Tech&Co sur le sujet, la SNCF n’a pas souhaité faire de commentaire. De son côté, Webloyalty n’a pour l’heure pas répondu aux sollicitations.