Coincé entre l'iPhone et l'iPad: à qui s'adresse vraiment l'iPad mini d'Apple?

L'iPad mini est-il toujours un ovni au pays des tablettes? A sa sortie en 2012, il avait fait figure de révolution par son format et ses possibilités, alternative de "taille" (7,9 pouces) entre l'iPhone (4 pouces) et l'iPad (9,7 pouces). Mais un feu de paille malgré un accueil plus que positif, peinant à généraliser son positionnement à cheval avant d'être interrompu en 2015.
A l'heure où l'iPad se fait de plus en plus puissant sur les derniers modèles iPad Air et iPad Pro, que l'iPhone voit de plus en plus grand, Apple insiste toujours autant avec son iPad mini et continue de croire dur comme fer en son utilité.
"C'est un produit comparable à aucun autre," martèle auprès de Tech&Co Scott Brodrick, responsable marketing monde de la gamme iPad. S'il arbore désormais un look plus moderne (bords droits, écran quasi intégral, disparition de Touch ID...), il embarque à présent la même puissance que l'iPhone 15 Pro (la puce A17 Pro). Mais pas la puce M qu'on pouvait attendre.
Apple vise les professions nomades et les étudiants
iPhone encore plus grand ou iPad ultra portable? C'est la question que l'on est en droit de se poser en voyant ce produit hybride auquel il ne manque, au choix, que la fonction téléphone ou un écran géant pour rivaliser avec ses grands frères. Mais ce n'est pas son positionnement.
Il emprunte donc aux deux mondes: la puissance de l'iPhone en proposant de voir plus grand (écran 8,3 pouces de très bonne qualité); la polyvalence des iPad grand format (Apple Pencil Pro compatible pour écrire et dessiner, iPadOS 18, la future compatibilité avec Apple Intelligence pour les usages avancés) avec quelques concessions (plus petit, pas de puce M, pas d'écran Oled ou 120 Hz, pas de Face ID…). Il ne reste donc qu'à choisir son camp ou plutôt son approche.

"Il apporte l'expérience de l'iPad dans un design ultra portable qui peut être utilisé presque partout. La puce A17 Pro, c'est un gain énorme en puissance par rapport au précédent (avec puce A15, ndlr)", rappelle Scott Brodrick. "Il est fin et léger, endurant. C'est important pour ceux qui le prennent avec eux pour continuer de travailler. C'est pour ça que les étudiants l'aiment tant pour prendre leurs notes. Les entreprises, petites et grandes, aiment sa puissance et sa portabilité pour pouvoir gérer leur société en mouvement".
Et de citer les services de terrain, les métiers de la santé et le personnel hospitalier comme utilisateurs de cette petite tablette complète. "L'iPad mini, c'est la polyvalence dans tous les usages possibles. Avec ses millions d'applications, il peut être ce dont vous avez besoin, quand vous en avez besoin, pour tout", se félicite le responsable Apple.
iPhone géant ou iPad plus petit?
Il est vrai que de nombreux métiers peuvent s'en servir comme extension de leur poste de travail (architectes, chefs de chantier, représentant, designers, etc.) pour transporter des projets à montrer à des clients, même pour les serveurs dans les restaurants.
Dans l'aviation, l'iPad mini est déjà particulièrement utilisé dans les cockpits avec des applications du type Foreflight pour l'aide au pilotage et la navigation. "Cela a rendu l'aviation plus sûre et plus efficace, avec un appareil peu encombrant", assure le cadre d'Apple.
"Car ils peuvent cartographier l'intégralité de l'itinéraire dessus, grâce notamment au GPS embarqué et la connexion cellulaire. Le plan de vol va se mettre à jour automatiquement."
Quand on le compare à un grand iPhone, le responsable des iPad s'empresse de rappeler qu'il est encore plus pratique pour la lecture, la navigation ou la productivité. Il est conscient que l'iPad mini n'a pas vraiment de concurrent sur le marché en termes de puissance, possibilités aussi avec les accessoires qu'Apple lui a ajouté au fil du temps. Et avec Apple Intelligence à venir, l'entreprise californienne espère en faire un compagnon encore plus indispensable pour le quotidien.

L'iPad mini n'a-t-il donc que des velléités professionnelles ou scolaires et doit-il laisser l'iPad aux familles et autres utilisateurs? Bien sûr que non, clame-t-on du côté d'Apple. "Vous pouvez l'emmener partout et plus facilement qu'un iPad de grande taille, qui servira pour d'autres situations", avance Scott Brodrick.
Un addition toujours très salée
S'il y a un public qui pourrait être aussi séduit par le petit format, ce sont possiblement les nouveaux entrants dans l'écosystème Apple. Ceux pour lesquels un smartphone n'a pas besoin d'être une bête de compétition s'ils peuvent faire autre chose plus pratique avec un format nomade et peu encombrant. Un smartphone à petit prix peu puissant pourrait ainsi être complété par une tablette facile à transporter sans gêner et regorgeant de puissance pour d'autres usages que le téléphone n'apporte pas.
"L'iPad a toujours su séduire de nombreux utilisateurs intéressés par sa puissance, son côté intuitif et facile à utiliser. C'est un outil parfait pour être productif et créatif, mais aussi évoluer au fil du temps avec de vos usages et besoins", résume Scott Brodrick sans nier l'idée d'aller évangéliser d'autres utilisateurs.
Et de citer des étudiants, mais aussi des artistes qui peuvent le dégainer plus simplement pour répondre à leur instinct créatif sur le moment. Il veut aussi séduire les joueurs en leur vantant les mérites d'un iPad mini comme machine de jeu mobile plutôt puissante avec un écran plus grand.
Néanmoins à plus de 600 euros, c'est bien plus onéreux qu'une console de salon. Pas certain que les joueurs soient les plus concernés par sa puissance pour le moment s'ils n'en ont pas un autre intérêt. Pour les commerces qui tendent de plus en plus à se débarrasser des caisses physiques, pourquoi pas.
Et les étudiants comme les professionnels qui ont besoin d'écrire pourraient être tentés par ce carnet numérique moderne. Mais la modernité a un prix à bien avoir en tête - et son stylo n'est pas compris. En tout cas, l'iPad est plus que jamais en train de (re)devenir une arme de communication massive pour Apple.