L’Angleterre va utiliser une technologie empruntée à la Formule 1 pour proposer un Wifi ultrarapide dans les trains

Quand le sport automobile rencontre le transport ferrovière, ailleurs qu'à un passage à niveau... Le chemin de fer anglais est peut-être à l'aube d'une petite révolution, en matière de connectivité, tout au moins. Un train de la flotte du Great Western Railway, équivalent de la SNCF outre-Manche, va participer à un programme pilote visant à améliorer sensiblement la vitesse et la fiabilité du Wifi à bord, en s'inspirant de ce qui se fait dans la Formule 1.
Pour ce faire, le train va être équipé d'un système hybride composé de connexions établies à la fois avec des antennes relais placées aux abords des voies et des satellites en orbite terrestre basse. Cette première a été développée par la start-up anglaise Motion Applied en partenariat avec Peninsula Transport, qui se charge de certaines lignes au Royaume-Uni.
De la F1 au train, il n'y a qu'une solution
D'une durée de 60 jours, ce programme doit permettre de tester dès la mi-novembre l'efficacité de cette solution, avec pour ambition de remonter sensiblement dans le classement des pays européens et asiatiques en matière de connectivité sans-fil dans les trains.
Selon une étude menée par Ookla, le pays se place à la 16e place (sur 18) du classement avec un débit moyen de 1,09 Mbit/seconde, contre 64,58 Mbit/s pour la Suède, première du classement.

Derrière la start-up Motion Applied, on trouve Nick Fry, un ancien membre de McLaren. Il n'est donc pas étonnant de la voir s'emparer d'une technologie initialement prévue pour la Formule 1. Selon lui, un train devrait pouvoir "de manière fiable" basculer d'un réseau à un autre sans coupure.
Motion Applied s'appuie sur une plateforme de calcul baptisée Fleet Connect, qui améliore la connectivité sur les véhicules rapides en minimisant les coupures: "Les défis rencontrés pour transmettre les données vers et depuis un train à grande vitesse présentent de nombreux parallèles avec le sport automobile, et l'application de nos systèmes d'agrégation de liaisons de données est spécifiquement adaptée aux exigences uniques du rail," affirme Nick Fry.
Il assure que cela permettra de passer outre les zones à faible couverture cellulaire (comme les "zones blanches", courantes dans la campagne anglaise).
En France, les choses avancent
Le lancement de ce programme nécessite néanmoins un investissement conséquent. Il a été rendu possible par le déblocage de 41 millions de livres (46 millions d'euros) de la part du Département des transports anglais, qui cherche de son côté à équiper les principales lignes du pays en connexion satellite.
Au Royaume-Uni, ce n'est toutefois pas une première: certains trains en Ecosse proposent déjà la connexion par satellite (via une solution Starlink), et ce, depuis 2024.
En France, la SNCF peut s'appuyer sur les différents opérateurs pour assurer un réseau Wifi tout au long d'un trajet, notamment via l'installation d'antennes dédiées près des voies. Dans le classement Ookla, elle est cinquième avec une moyenne de 19,12 Mbit/s.
Mais le rail français ne va pas éternellement se reposer sur le réseau cellulaire classique: la SNCF a lancé en juillet 2025 une petite compétition entre Starlink et Eutelsat afin de proposer, in fine, de la connexion satellite dans ses trains. Il ne s'agit à ce stade que de consultations, mais l'objectif est encore et toujours d'améliorer le confort à bord, et plaire, au passage, aux professionnels qui cherchent à travailler même en déplacement.