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INFOGRAPHIE. En moins de deux ans, Bluesky franchit le cap impressionnant des 40 millions d'utilisateurs, mais que pèse-t-il face à ses concurrents, Facebook, X, Snapchat, Threads et les autres?

BFM Business Raphaël Raffray
X, Blue et Threads

X, Blue et Threads - BFMTV

Lancé en février 2024, Bluesky a atteint 40 millions d'utilisateurs, un chiffre symbolique mais pas si élevé quand il est comparé aux autres réseaux sociaux de microblogging ou aux mastodontes du secteur.

"Sortez le champagne!". Le réseau social Bluesky vient de franchir le cap symbolique des 40 millions d’utilisateurs. En moins de deux ans, cette plateforme a connu une croissance exceptionnelle, passant de quelques millions d’inscrits à une communauté internationale significative, notamment grâce à l’exode d’utilisateurs insatisfaits d’autres réseaux majeurs.

Pour mieux accompagner cette croissance, elle va désormais tester un bouton "Je n'aime pas" afin d’affiner la personnalisation des fils d’actualité, tout en améliorant la modération grâce à une détection plus efficace des contenus toxiques et à des outils permettant de privilégier les échanges les plus pertinents.

Autant de mesures destinées à consolider son attractivité au moment où elle gagne une nouvelle place dans la compétition avec X et Threads. Cependant, malgré ce rythme de croissance impressionnant, Bluesky reste de taille très modeste si on le compare aux géants du secteur.

Pour mettre ces chiffres en perspective, X (anciennement Twitter) revendique entre 550 et 580 millions d’utilisateurs mensuels, tandis que Threads, concurent lancé par Meta en juillet 2023, compte plus de 350 millions d’utilisateurs. Ces plateformes bénéficient d’une large base installée et d’une notoriété bien ancrée, ce qui leur confère une domination difficile à contester pour l’instant.

Bluesky, même avec son positionnement innovant et ses valeurs de décentralisation, demeure à une échelle moindre et continue de chercher sa place dans ce marché dominé par des titans.

Et ses chiffres restent modestes comparés aux mastodontes des réseaux sociaux. Facebook, avec ses 3 milliards d’utilisateurs actifs mensuels, domine largement, suivi de près par Instagram. Quant à Youtube, la plateforme vidéo phare, elle compte environ 2,5 milliards d’utilisateurs actifs, des chiffres tout simplement vertigineux.

Il est cependant important de noter que le nombre total d’utilisateurs inscrits ne correspond pas toujours au nombre d’utilisateurs réellement actifs: en effet, de nombreux comptes dits "fantômes" ou inactifs peuvent fausser ces statistiques.

Une stratégie différente ?

Mais toutes ces plateformes ne visent pas la même audience. Bluesky se démarque par son approche décentralisée héritée de l’esprit initial de Twitter, avec une infrastructure où les données sont réparties sur plusieurs serveurs permettant à chaque utilisateur un contrôle plus poussé de ses interactions et de la modération.

Créé par Jack Dorsey, fondateur de Twitter, Bluesky propose une interface simple avec des fonctionnalités familières mais innovantes, comme les listes de modération publiques. Cette stratégie vise à offrir une expérience plus transparente et communautaire, libérée de la centralisation et des algorithmes imposés.

Les applications de Threads, Bluesky et Twitter (X) sur un smartphone
Les applications de Threads, Bluesky et Twitter (X) sur un smartphone © BFMTV

De son côté, Threads, la plateforme de Meta, mise sur l’intégration avec Instagram et un format plus riche en contenu multimédia (500 caractères, jusqu’à 10 photos par post), privilégiant l’expérience fluide dans un écosystème centralisé.

Bien qu'il soit également une sorte d'outsider, Threads a choisi une approche plus traditionnelle où la puissance de l’algorithme et la connexion avec des réseaux établis sont des atouts majeurs, même si cela se couple aujourd'hui avec moins de contrôle individuel sur la modération et les données personnelles.

À l’opposé, Mastodon défend une décentralisation encore plus radicale: réparti en plusieurs instances indépendantes et connectées, il applique des règles propres à chaque communauté, sans algorithme ni publicité, privilégiant une expérience "sans censure centralisée".

Son positionnement repose "sur des valeurs éthiques fortes", mais l’interface plus technique et l’absence de grandes marques freinent son adoption massive. Chaque plateforme incarne ainsi une philosophie différente face aux enjeux contemporains des réseaux sociaux: entre contrôle individuel, algorithmes et respect communautaire.