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Pour conquérir la Lune, Blue Origin et une start-up vont utiliser la poussière lunaire comme source d’énergie improbable, et c’est grâce à l’IA…

BFM Business Sylvain Trinel
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Aidée de la start-up Istari Digital, l'entreprise dédiée à la conquête de l'espace du patron d'Amazon cherche déjà à utiliser la poussière lunaire afin de créer le combustible de demain.

Après l'essence et l'électrique, la poussière lunaire? Mercredi 3 décembre, à l'occasion de re:Invent 2025, la conférence sur l'innovation organisée chaque année par Amazon, Blue Origin a dévoilé une technologie développée en partenariat avec la start-up Istari Digital.

Faire travailler les machines même en pleine nuit

Elle promet d'utiliser la poussière récupérée sur la Lune pour en faire une source d'énergie. L'objectif, à terme, est de développer une forme de batterie qui servira à faciliter l'établissement de colonie sur notre satellite naturel.

"Ce que fait cette technologie, c'est aspirer la poussière de la lune et en extraire la chaleur pour qu'elle puisse être utilisée comme source d'énergie, en transformant cette poussière en batterie," a expliqué Will Roper, patron d'Istari, auprès de CNBC.

"C'est un peu comme passer l'aspirateur à la maison, mais en créant notre propre énergie au passage," ajoute-t-il.

Pour Blue Origin, cette technologie est importante. Elle pourrait, on l'a dit, permettre d'alimenter les équipements qui seront un jour, peut-être, installés sur la Lune. L'enjeu est crucial, alimenter une installation lunaire, même quand notre satellite est plongé dans l'obscurité, que les températures baissent de manière importante et que les panneaux solaires ne sont pas opérationnels.

Cette solution n'est pas sans rappeler Polar Night Energy, un système de batteries au sable développé par des ingénieurs finlandais en 2022, et qui permettait de stocker la chaleur accumulée grâce aux énergies renouvelables pendant plusieurs mois à des fins de chauffage ou d'alimentation électrique.

Une IA aux commandes de l'innovation

Quoi qu'il en soit, cette nouvelle forme de batterie a été créée par une intelligence artificielle, révèle la start-up fondée par un ancien secrétaire adjoint de l'armée de l'Air sous le premier mandat de Donald Trump, et financée en partie par Eric Schmidt, qui a été le PDG de Google.

Pendant plusieurs mois, Istari a entraîné son IA pour limiter ses hallucinations, en créant des limitations: "Une barrière autour d'un terrain de jeu", explique Will Roper, de telle sorte que "à l'intérieur de ce terrain de jeu, l'IA peut générer ce qu'elle veut" tout en réduisant les erreurs.

Dans le cas de la batterie, l'IA "n'a pas dit que le design était bon, mais il a indiqué que tous les critères étaient réunis, que les standards étaient respectés, le genre de choses qu'il faut vérifier avant de passer à la mise en oeuvre", continue Will Roper.

Pour Istari, cette technologie est une aubaine, notamment pour asseoir l'offre spatiale de Blue Origin. L'entreprise du milliardaire Jeff Bezos cherche à supplanter Space X dans la course au retour sur la Lune. En 2019, elle s'était associée à trois partenaires historiques du programme Apollo. Si la Nasa préfère Space X pour l'instant, l'organisme qui gère les voyages spatiaux a lancé de nouveaux appels d'offre en raison des gros retards autour du programme Artemis, dont la finalisation pourrait ne pas voir le jour avant 2028.

Les Etats-Unis se sont lancés dans une véritable course contre-la-montre. La Chine, son principal concurrent, a en effet largement avancé sur le sujet. Après la Lune, le prochain défi sera de conquérir Mars.