Réforme des retraites: les étudiants qui occupaient un amphithéâtre de l'université de Caen évacués

Le président de l'Université de Caen Normandie a été entendu. À la demande de Lamri Adoui, la préfecture a ordonné ce lundi l'évacuation du bâtiment E de l'établissement, occupé depuis un mois et deux semaines par un groupe d'une dizaine d'étudiants.
Sur les coups de 6h, une quarantaine de policiers casqués ont fait irruption dans l'amphithéâtre. C'est ici que les occupants s'étaient installés, et où ils prévoyaient de demeurer jusqu'au 2 mai pour dénoncer la réforme des retraites et la précarité étudiante.
L'évacuation s'est déroulée "sans heurts", rapporte la direction. Ce que confirme un occupant au micro de BFM Normandie: "Il n'y a pas eu de coups portés ni rien".
"Mais pour des gens qui sont assez fragiles psychologiquement et qui ne sont pas forcément habitués à sortir, se faire expulser comme ça d'un lieu où ils ont enfin trouvé un endroit où ils sont bien, où ils sont acceptés par tout le monde, où on peut parler de tout, c'est vraiment pas facile psychologiquement, nuance-t-il. On aurait préféré pouvoir faire la sortie en douceur le 1er mai."
Dégradations
D'importantes dégradations ont été commises au sein du bâtiment E au cours de l'occupation, comme en attestent des photos et des vidéos.
"La situation a dégénéré", résume Lamri Adoui. Le président de l'établissement fustige ainsi "l'agression d'un personnel de l'université", ainsi qu'une obstruction au passage des agents de sécurité contre les incendies.
Et affirme pêle-mêle que la porte d'un local ouvrant sur une salle amiantée a été fracturée, que les faux plafonds de protection contre les incendies du bâtiment ont été détériorés ou encore que du matériel informatique a été cassé dans l'amphithéâtre.
Plusieurs plaintes déposées
"Bienvenue à La Commune libre et autogérée", "Bate (bâtiment, NDLR) occupé", "Grève": un important nombre de tags en lettres capitales a en outre été découvert sur différents murs du bâtiment E. De même que des messages prônant par exemple l'acceptation des minorités sexuelles et la lutte contre le fascisme.

Lamri Adoui annonce qu'une "nouvelle plainte" a été déposée. Cette dernière porte à la fois sur l'occupation et les dégradations qui ont suivi.













