Le Havre: dix ans de prison ferme requis contre l'arnaqueur de prêtres

Le tribunal correctionnel du Havre a requis, ce jeudi après-midi, 10 ans de prison ferme à l'encontre de l'arnaqueur de prêtres. Kévin G., ce Havrais de 35 ans, a escroqué et soutiré près de 450.000 euros à 62 religieux de toute la France, dont des prêtres normands, entre avril 2020 et février 2024.
En prison depuis 2021 pour des faits similaires, c'est à distance, depuis sa cellule de Val-de-Reuil, qu'il opérait avec des complices. Ce jeudi, ils sont huit à être passés devant le tribunal. Mais la plupart des prévenus estiment s'être faits manipuler.
Se faire passer pour un policier ou un magistrat
Depuis sa cellule, le jeune homme appelait les religieux. Par téléphone, le principal accusé se faisait passer pour un policier, un gendarme ou même un magistrat. "Je pouvais appeler un prêtre par semaine, comme quinze", explique-t-il à l’audience, selon France Bleu. Il a convaincu les religieux de payer une certaine somme pour l'aider prétendument à arrêter des escrocs qui s'en prendraient à des prêtres.
Sans possibilité d’ouvrir des comptes et de récupérer l’argent depuis la prison, il a fait appel à des complices. C’est là qu’interviennent les huit autres prévenus. Comme le rapporte France Bleu, ils étaient chargés de récupérer l’argent: l'un encaissait les chèques, l'autre recevait un SMS de Kévin G. avec des codes de bons PCS. Ensuite, ils étaient chargés de faire des achats ou de remplir le compte de la prison du cerveau de l'affaire.
"Je pensais juste l'aider"
Compagnons de cellule, famille, personnes extérieures... Tous agissaient sous les ordres de ce jeune homme. Yann, accusé de faire partie du réseau d'arnaqueurs, lui a rendu visite en prison près d'une centaine de fois. "Il m'a toujours dit que j'étais le seul, mais maintenant qui je peux croire? Ne pas croire? Parce qu'il m'a toujours menti. Quand vous prenez un coup de poignard, vous avez mal", dénonce-t-il au micro de BFM Normandie.
"Je pensais juste l’aider", affirme Sabrina D. auprès de France Bleu. Elle encaissait les virements PCS, jusqu’à 1.500 euros d’un coup. "Je croyais qu’il se faisait de l’argent en vendant des voitures ou des cigarettes en détention. Je ne pensais pas qu’on pouvait arnaquer depuis une prison".
Contre elle, le parquet a requis 24 mois de prison avec sursis. Pour les autres prévenus, les peines requises vont de 18 mois de prison avec sursis à deux ans ferme.
Devant la barre, Kévin G. a déclaré avoir agi pour financer ses paris sportifs. En 2021, il avait déjà été condamné à cinq ans de prison ferme pour avoir arnaqué 29 prêtres. Il s'agit de sa troisième condamnation pour des faits semblables.













