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Dans la Manche, des chasseurs d'épaves identifient des navires au large des côtes

BFM Normandie Sven Geslin avec Laurène Rocheteau
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Depuis plus de 20 ans, le Grieme identifie et retrace l'histoire des épaves échouées au large des côtes normandes. Certaines de leurs identifications ont permis de répertorier formellement les épaves sur les cartes maritimes.

Le temps est gris, mais cela n'empêche pas les chasseurs d'épaves du groupe de recherche et d’identification d’épaves de Manche-Est (Grieme) de prendre la mer en ce début mai. Objectif: capter les images d'une épave échouée dans les années 1900.

Créé il y a plus de 20 ans, le Grieme estime qu'il y a aujourd'hui près de 800 épaves échouées au pied des côtes entre Le Havre et Le Tréport. Ce sont les pêcheurs locaux qui communiquent les coordonnées à l'association.

"Les filets s'accrochent dedans, les chaluts... Il n'y a pas un mètre carré qui n'a pas été passé au peigne fin par les pêcheurs", explique François Mathieu, l'un des présidents du Grieme, au micro de BFM Normandie.

Descente à 28 mètres de profondeur

Ce jour-là, les pêcheurs s'équipent pour descendre à 28 mètres de profondeur au large de Fécamp, afin de capter les images d'une épave. Après avoir réalisé un travail d'archives, ils estiment qu'elle pourrait être celle du remorqueur Era, un navire construit en Angleterre en 1868 et coulé en 1909, causant la mort de deux marins.

"Voilà une forme qui se dessine, on peut supposer que là, on est sur l'épave", déclare à bord Pierre-Yves Lepage, un autre président de l'association. Les plongeurs descendent alors avec leur équipement de 20 kg pour prendre des images, mais reviendront cette fois quasiment bredouille.

"On a vu des chaudières, des hélices, mais pas plus d'un mètre de visibilité", poursuit Pierre-Yves Lepage. Plus tard, l'association expliquera sur son compte Facebook que le manque de visibilité était dû à "la marée haute de coef 90", et à des "particules en suspension".

Une soixantaine d'épaves déjà identifiées

Il faudra une dizaine de plongées supplémentaires à l'équipe pour identifier formellement l'épave. Ils peuvent pour cela compter sur la modélisation en 3D réalisée par l'un des bénévoles.

Le Grieme proposera ensuite un rapport détaillé au ministère de la Culture.

"On travaille aussi avec le DRASSM [Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines], pour nous pousser un petit peu à inventorier les épaves, l'épopée, la vie du bateau, ce qu'il en reste, ce qu'il a fait, le vécu, quoi", explique François Mathieu.

Jusqu'ici, le travail de recherche et d'identification du Grieme a permis à l'association de retracer l'histoire d'une soixantaine de navires. 27 épaves ont même été répertoriées sur les cartes maritimes officielles.