Provence-Alpes-Côte d'Azur: deux gérants de boutiques de CBD arrêtés pour avoir vendu du cannabis

Ces dernières années, les magasins de CBD (cannabidiol) ont fleuri partout dans l'hexagone. Contrairement au tétrahydrocannabinol (THC), principale molécule active du cannabis, cette substance n'est pas classée comme psychotrope et n'est pas considéré comme un stupéfiant. Sa vente est donc autorisée en France.
En Provence-Alpes-Côte d'Azur, deux gérants de boutiques de CBD ont récemment été interpellés par la brigade de recherche de Brignoles, qui a mené une vaste enquête dans le Var et les Bouches-du-Rhône.
"Près de 40%" de la marchandise est "d'origine illégale"
Raphaël Micillino, commandant de la compagnie de gendarmerie de Brignoles, présente une partie des saisies effectuées par ses collègues.
"De la résine de cannabis, de l'herbe, puff, joint...", détaille-t-il au micro de BFM Marseille Provence, devant une table où sont disposés les différents produits saisis.
La première alerte est venue d'une cliente, après avoir dégusté un cookie censé contenir simplement du CBD. "Elle a eu des effets qui n'étaient pas escomptés, puisque ce n'était pas du CBD", explique le gendarme.
Les boutiques concernées sont dispersées sur les départements du Var et des Bouches-du-Rhône. L'une d'entre elles se trouve non-loin de la gendarmerie de Brignoles, en plein centre-ville. Elles sont gérées par deux personnes.
D'après les enquêteurs, les commerces en question serviraient de façade pour du trafic de drogue et du blanchiment d'argent.
Au mois de septembre 2024, les gendarmes ont "perquisitionné les domiciles des mis en cause et les boutiques". Au total, "531 articles sont saisis". Au moment des analyses, les enquêteurs mettent en évidence que "près de 40%" de la marchandise est "d'origine illégale", contenant un taux de THC "supérieur au seuil légal" ou "des molécules interdites à la vente en France".
Un gérant nie en bloc
Deux autres infractions ont été relevées: pratique commerciale trompeuse et concurrence déloyale. Sur place, les commerçants spécialisés dans la vente de CBD craignent que ce genre d'affaire décrédibilise leur secteur.
"La nouvelle clientèle va avoir du mal à venir, parce que du coup, ils ne savent pas ce qu'il y a dans le magasin", explique Leslie Girardi, vendeuse chez "Coffee Pote" à Brignoles, au micro de BFM Marseille Provence.
Selon elle, "ce n'est pas une affaire qui va faire qu'on va être embêtés". La vendeuse estime cependant que "si d'autres personnes font ça, on va avoir des bâtons dans les roues".
Cette crainte s'agrège à un contexte compliqué pour le secteur du CBD. Les doutes sur la réglementation, l'ouverture de nombreux magasins et la concurrence des vendeurs en ligne ont fortement endigué le développement commercial de la substance.
Contacté par BFM Marseille Provence, l'un des gérants mis en cause assure que ses produits respectent les normes. Lui et l'autre suspect seront présentés au tribunal de Draguignan en octobre 2025.
Début mars, un producteur de CBD de Calais avait été condamné à huit mois de prison pour "production, transport, détention et cession non autorisée de stupéfiants". Cette nouvelle affaire intervient alors que l'adoption définitive de la loi sénatoriale contre le narcotrafic est prévue dans les prochains jours.













