Prix en hausse, peu d'offres: le marché immobilier sous tension à Marseille

Acheter un logement devient de plus en plus compliqué à Marseille. Dans la cité phocéenne, nombreux sont les Marseillais à ne pas pouvoir investir, victimes de la trop forte concurrence entre acheteurs, le manque d'offres et les prix en hausse.
"Dès qu'ils ont le coup de cœur pour un bien, les clients ont presque l'obligation de l'acheter, sans négocier parce qu'ils savent que derrière il y a d'autres acheteurs", explique Jean-Mathieu Gallo, gérant d'une agence immobilière.
Illustration avec cet appartement marseillais de deux chambres en plein quartier de la Joliette, mis en vente à 239.000 euros. L'annonce n'a pas encore été publiée, qu'une vingtaine de visites sont déjà programmées.
-70% de biens mis en vente sur le marché
En moyenne sur l'année, les prix ont augmenté de 6,6% pour acheter un bien, selon la fédération nationale de l'immobilier. Et même 20% dans certains arrondissements. Résultat, dans la cité phocéenne, il faut aujourd'hui compter 3.200 euros du m² pour investir.
Mais le chiffre le plus équivoque reste sans doute celui-ci : -70%. C'est la chute vertigineuse des nouveaux biens mis en vente à Marseille en seulement un an.
"Mise en vente, réservation, stock... On est en chute libre sur tous les indicateurs. La situation est dramatique. On a moins de six mois de stock, sachant que le marché est à l'équilibre autour de 12 à 14 mois de stock", explique Arnaud Bastide, président de la fédération des promoteurs immobiliers de Provence au micro de BFM Marseille.
"40.000 logements vacants à Marseille"
Avec la loi "Climat et résilience", la multiplication des constructions neuves n'est plus possible. Le texte entend freiner drastiquement l’artificialisation des sols et oblige les promoteurs à revoir leur copie pour rendre moins énergivores leurs projets. S'ajoute à cela la hausse du prix des matériaux, une situation qui fait grimper les tarifs des constructions.
Dans le même temps, la mairie de Marseille est plus regardante et délivre moins de permis de construire. Elle appelle surtout à réhabiliter des logements déjà existants. "Il y a 40.000 logements vacants à Marseille, sur lesquels il n'y a pas d'investisseur. On a besoin que les promoteurs et tous les acteurs de la construction s'intéressent à la réhabilitation", soutient Mathilde Chaboche, adjointe à l'urbanisme à la mairie de Marseille.
Pour l'élue, "les marges sont plus faibles que quand on construit du neuf sur un terrain vierge. Néanmoins, c'est un sujet extrêmement important".













