"On doit pilonner": Emmanuel Macron veut augmenter l'amende pour les consommateurs de drogues à 500 euros

En visite à Marseille ce mardi 16 décembre, le président de la République a réaffirmé sa volonté de mener une lutte acharnée contre le trafic de stupéfiants lors d'un échange avec les lecteurs de La Provence.
Les consommateurs ciblés
Emmanuel Macron a notamment ciblé les consommateurs de drogue. "Rien de tout ça n'arriverait, s'il n'y avait pas des gens qui, gentiment, achètent de la cocaïne, du hash...", a-t-il déploré.
"J'en ai ras-le-bol d'avoir des jeunes qu'on pleure, et dans d'autres quartiers, des gens qui considèrent que c'est festif d'aller acheter de la drogue", a poursuivi le chef de l'État, décrivant des clients qui "ne sont généralement pas des mêmes milieux sociaux" que leurs dealers.
Pour tenter d'enrayer ce phénomène, Emmanuel Macron a annoncé que l'amende forfaitaire délictuelle visant les usagers de cannabis et de cocaïne serait nettement réhaussée.
"On va passer l'amende à 500 euros", contre 200 euros actuellement, a indiqué le président, pour qui "il faut taper au portefeuille ceux qu'on attrape avec de la drogue".
"Ce n'est pas festif de se droguer (...). Il faut que chaque personne qui consomme de la drogue se dise qu'elle alimente le narcotrafic qui fout nos villes et nos quartiers en l'air", a martelé le chef de l'État.
Une amende forfaitaire mise en place en 2020
Jusqu'en 2020, l'usage de produits stupéfiants était passible d'une amende de 3500 euros et d'un an d'emprisonnement, une incarcération rarement appliquée car soumise à des lourdeurs administratives et procédurales.
Afin de désengorger les tribunaux et de cibler prioritairement les réseaux du trafic de stupéfiants, une amende forfaitaire de 200 euros avait été mise en place pour les consommateurs. Elle concerne les individus contrôlés avec au maximum 10 grammes de cocaïne ou 100 grammes de cannabis et est actuellement toujours en vigueur.
Du côté des narcotrafiquants, le président est tout d'abord revenu sur les mesures prises au cours des dernières années.
Il a ainsi évoqué la "création de l'Ofast" qui permet de mieux "traquer les réseaux" et a mis en avant le recrutement de "300 policiers sur Marseille", qui organisent selon lui un "harcèlement permanent" sur les points de deal physiques. D'après Emmanuel Macron, ceux-ci ont été divisé "par deux".
"Adapter" la lutte contre le narcotrafic
Il souhaite dorénavant "adapter" la lutte contre le narcotrafic, notamment en pourchassant les dealers présents sur les réseaux sociaux, qui "sont devenus des lieux de trafic".
Pour cela, Emmanuel Macron appelle à "changer" les normes européennes concernant les réseaux sociaux, pour "pouvoir poursuivre" les dealers 2.0 afin de "mettre en cause leur responsabilité".
"On ne va rien lâcher, on doit pilonner", a déclaré le président de la République, qui a réaffirmé sa volonté de cibler "les têtes des réseaux", y compris ceux installés à l'étranger.
Le chef de l'État a également évoqué les nouvelles prisons de haute sécurité, où le "niveau d'encadrement" est "absolument inédit" d'après lui. Il admet qu'"à mesure qu'on sert", les trafiquants vont "continuer de réagir et d'intimider".
"C'est ce qu'ils ont fait avec Mehdi", a rappelé le président, en évoquant le frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, tué par balles le 13 novembre dernier. Avant son échange avec les lecteurs de La Provence, Emmanuel Macron s'est justement rendu au cimetière Saint-Henri, afin de rendre hommage au jeune homme.













