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Marseille: une figure du narcotrafic local jugée pour le projet d'assassinat d'un rival

BFM Marseille Mathias Fleury avec AFP
Le symbole de la justice (illustration).

Le symbole de la justice (illustration). - - Ashraf Shazly / AFP

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Soupçonné d'association de malfaiteurs et d'avoir fomenté un projet d'assassinat contre un membre d'un gang adverse, Chaer Ali Mohamed, figure du narcotrafic marseillais, est jugé depuis ce mardi 11 février.

Figure emblématique de la bande marseillaise de narcotrafiquants des "Blacks", Chaer Ali Mohamed, 33 ans, est jugé depuis mardi pour association de malfaiteurs, soupçonné d'un projet d'assassinat visant le "patron" d'un gang adverse.

Eclipsé par la guerre entre les clans Yoda et DZ Mafia, cet autre conflit entre bandes marseillaises avait été relancé lors de l'assassinat d'un membre des "Blacks" à la sortie d'un match de foot amateur. En représailles, un homme réputé proche des Oliviers A, du nom d'une cité des quartiers Nord, avait été brûlé vif.

Le "grand patron" des Oliviers A visé

Alors qu'il devait sortir de de prison en novembre 2021, à la suite d'une condamnation pour son rôle dans le trafic de la cité des Lauriers, fief des "Blacks", également dans les quartiers Nord, la police judiciaire avait eu vent que Chaer Ali Mohamed annonçait que "la guerre serait déclenchée" à sa libération.

Du jour de sa libération à son interpellation onze mois plus tard, le 27 octobre 2022, il n'a pas été lâché d'une semelle par les policiers.

Son utilisation de 18 voitures et de sept lignes téléphoniques différentes, la sonorisation d'un véhicule, son ADN sur un pistolet Glock, l'achat de tenues noires et de nombreuses balises de géolocalisation... Ces éléments ont convaincu l'accusation que Chaer Ali Mohamed et son ami Djamal Soueffou, jugé à ses côtés, préparaient un règlement de comptes.

Ce projet visait Eddy Mendil, devenu "grand patron" du réseau des Oliviers A. Les prévenus seraient parvenus, mi-octobre 2021, à baliser le véhicule d'une amie de la compagne d'Eddy Mendil.

L'accusé se décrit comme un simple recéleur

"Je n'appartiens à aucun clan", a déclaré Chaer Ali Mohamed, se décrivant comme simple fournisseur de voitures volées.

"J'essayais de repartir sur une bonne lancée, à remettre du sens dans ma vie", a-t-il affirmé au tribunal.

Une ex-surveillante pénitentiaire qui a reconnu une relation amoureuse avec lui, est également jugée mais se défend d'avoir participé à un quelconque projet criminel. "C'est ma chérie. L'enquête ne démontre pas qu'elle a fait quelque chose. C'est la preuve qu'on s'acharne sur moi", a déclaré Chaer Ali Mohamed à son sujet.

En février 2023, ce dernier était mis en examen pour assassinat en bande organisée dans le dossier de Mohamed Amra, évadé le 14 mai 2024 au péage autoroutier d'Incarville (Eure) avec l'intervention d'un commando qui a tué deux des surveillants pénitentiaires chargés de son transfert.

Chaer Ali Mohamed a également été renvoyé, en avril 2024, devant la cour d'assises pour sa participation (contestée) à un triple homicide en janvier 2009, dans un des premiers conflits ayant opposé à Marseille deux bandes du narcobanditisme.