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Marseille: la délégation préparant la visite d'Emmanuel Macron se voit refuser l'accès à un gymnase

BFM Marseille Nolwenn Autret
Emmanuel Macron lors de son discours à Marseille, samedi 16 avril 2022

Emmanuel Macron lors de son discours à Marseille, samedi 16 avril 2022 - Christophe Simon - AFP

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Vendredi, une délégation venue préparer la venue d'Emmanuel Macron s'est vue refuser l'entrée au gymnase de la Busserine. En cause? La rivalité politique entre la municipalité marseillaise et la droite locale ralliée à la macronie.

La simple visite d'un gymnase tourne au bras de fer politique. Vendredi, une délégation, préparant la prochaine venue d'Emmanuel Macron à Marseille pour lancer l'acte 2 du plan "Marseille en grand", n'a pas pu accéder à un équipement de la ville.

Un tour du bâtiment avant de repartir

Le gardien du gymnase de la Busserine, que devait visiter le délégation d'une trentaine de personnes, avait "opportunément oublié" les clés, rapporte Le Figaro. Et selon La Provence, le gardien a déclaré ne pas avoir l'autorisation de sa hiérarchie d'ouvrir les portes. Un ordre venu directement du cabinet du maire, pour la droite.

Sur place, la délégation-où étaient présents le préfet de région, la préfète de police, le préfet délégué à l'égalité des chances et le chef de cabinet du président de la République- a dû se contenter de faire le tour puis de repartir, indique un intervenant du quartier à La Provence, précisant que l'équipement ne dépend pas de la mairie de secteur mais de la mairie centrale.

"Tout le monde a compris d'où ça venait", a soufflé un témoin de la scène.

"Une logique de coconstruction"

Lionel Royer-Perreaut, député de la 6e circonscription (ex-LR, à Renaissance depuis 2022) s'agace: "Dans tous les déplacements protocolaires, la chefferie de cabinet de l'Elysée visite plusieurs sites et, in fine, c'est le président de la République qui décide." À comprendre en sous-entendu que ce n'est pas à Benoît Payan, maire de la ville de Marseille, d'imposer quoi que ce soit.

"Il ne faut pas extrapoler sur ce non-événement, sur une simple visite de préparation, il faut que l'opposition garde son calme", répond-t-on à la mairie de Marseille.

"Le GSPR (groupe de sécurité de la présidence de la République) a passé 48 heures à Marseille. Ils ont déjà visité une école. (...) Ils développent de leur côté des idées et des thèmes qu'ils souhaitent mettre en avant, et nous, on leur apporte la connaissance du terrain. On est vraiment dans une logique de coconstruction avec eux", se défend la municipalité marseillaise.

Des tensions entre Macron et Payan

Ce nouvel épisode ne risque pas d'améliorer les relations entre Benoît Payan et Emmanuel Macron. Après s'être montré plutôt unis lors du lancement du plan "Marseille en grand", en 2021, le maire et le chef de l'État ont vu leurs relation se déliter.

Comme le rappelle La Provence, le chef de l'Etat a notamment très peu apprécié l'absence du maire de Marseille lors de son meeting d'entre-deux tours au Pharo, à Marseille. Pour le président, il se serait agi d'un juste retour politique des choses.

Désormais, l'épisode du gymnase de la Busserine ferait maintenant hésiter Emmanuel Macron à rencontrer Benoît Payan lors de sa visite à la fin du mois de juin, selon Le Figaro. "Vous pensez vraiment que le président de la République va venir à Marseille pendant trois jours sans rencontrer le maire? On nage en plein délire", répond l'entourage de Benoît Payan dans La Provence.