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Marseille: avec la venue d'Emmanuel Macron, la cité phocéenne fait des envieux

BFM Marseille Louis Augry
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Qu'elles soient petites, moyennes ou grandes, beaucoup de villes affirment avoir autant besoin d'aide que Marseille. Notamment au niveau de la rénovation des écoles.

Tous les yeux sont rivés sur Marseille, et cela fait des envieux. Alors que le président de la République Emmanuel Macron est en visite exceptionnelle pendant trois jours dans la cité phocéenne, plusieurs maires d'autres villes aimeraient bien, eux aussi, que l'exécutif s'intéresse à leur situation.

Car le chef de l'Etat devrait dévoiler un vaste plan d'investissement pour Marseille, principalement dans les domaines de la sécurité, de l'emploi ou encore de l'éducation. Et forcément, plusieurs élus s'interrogent sur la faisabilité de tels investissements dans d'autres communes. C'est d'abord le cas de Martine Aubry, maire PS de Lille. Pour elle, aider Marseille est une bonne chose, mais cela ne doit pas occulter les problématiques des autres métropoles.

"Si ça peut apporter à Marseille pour qu'ils puissent s'en sortir, je dis ok. Mais c'est un problème national. Et il n'en faudrait pas non plus que pour Lille, il en faut pour tout le monde. Ce sont les priorités qui doivent être celles de la campagne électorale." a-t-elle affirmé sur franceinfo.

L'insalubrité des écoles au centre des débats

Il en faut pour tout le monde donc, particulièrement concernant la question de l'éducation et de l'état des écoles françaises. Avec le plan massif de rénovation qui devrait être annoncé par le chef de l'Etat ce jeudi, la lumière est aujourd'hui faite sur les difficultés et l'insalubrité des établissements scolaires marseillais. Mais de nombreuses communes estiment eux aussi avoir besoin d'aide pour leurs écoles. Plusieurs témoignages et remontées de terrain visent à tirer la sonnette d'alarme. Exemple à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, où le maire PCF de la ville Patrice Bessac réclame des fonds pour rénover, et construire de nouveaux établissements.

"Tant mieux pour Marseille, mais en même temps j'aimerais dire au président de la République qu'il y a aussi la Seine-Saint-Denis", prévient l'élu sur BFMTV.

"Nous avons une population parmi les plus pauvres d'Île-de-France, alors qu'en même temps il y a une ruée et un baby-boom vers la Seine-Saint-Denis et tous les maires aujourd'hui en première couronne sont face à cette difficulté de financer les écoles. Donc je réagis en disant au président de regarder aussi ici, où les maires sont à l'os pour financer les établissements scolaires", poursuit-il.

Une nécessaire rénovation thermique des établissements

Il y a ceux qui ne parviennent pas à opérer les rénovations nécessaires dans leurs écoles comme à Montreuil donc, et il y a ceux qui ont réussi à le faire mais qui y ont perdu beaucoup. À Chinon, en Indre-et-Loire, le maire a dû puiser dans ses finances publiques pour refaire l'une de ses écoles.

"Il ne faudrait pas qu'on limite l'action de l'Etat à un effet d'annonce sur Marseille car en fin de compte, c'est la partie émergée de l'iceberg", lance Jean-Luc Dupont, maire LR de Chinon sur BFMTV. Je suis dans une République une et indivisible, et il n'y a pas de raison que certains soient mieux traités que d'autres. Et ce qui interpelle le plus, c'est comment le parc des écoles de Marseille a pu arriver dans un tel état de décrépitude."

À Chinon, les travaux ont été réalisés pour faire des économies d'énergie principalement. Car concernant les écoles, c'est souvent la dépense énergétique qui est visée dans des établissements mal isolés. Les bâtiments éducatifs représentent pas moins de 25% des dépenses énergétiques des communes. La rénovation thermique fait partie du plan de relance du gouvernement, l'Etat devrait y investir près de 3 millions d'euros l'année prochaine. Problème, l'investissement en question concerne l'ensemble des établissements publics, et pas seulement les écoles.