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Le maire de Marseille Benoît Payan affirme avoir reçu "402 menaces de mort depuis septembre"

BFM Marseille Mathias Fleury
Le maire de Marseille, Benoît Payan, le 29 janvier 2023

Le maire de Marseille, Benoît Payan, le 29 janvier 2023 - CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

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La piste d'un assassinat d'avertissement reste privilégiée dans l'enquête concernant la mort de Mehdi Kessaci. Le maire de Marseille Benoît Payan appelle ce mardi 19 novembre à renforcer les moyens pour lutter contre le narcotrafic.

Quelques jours après la mort de Mehdi Kessaci, frère du militant contre le narcotrafic Amine Kessaci, la piste d'un assassinat d'avertissement reste privilégiée. Ce mercredi 19 novembre, Benoît Payan a évoqué les pressions dont il fait régulièrement l'objet en tant que maire de Marseille au micro de RTL.

"J'ai reçu 402 menaces de mort depuis septembre", a affirmé le maire de Marseille, ajoutant que celles-ci ne sont pas des "menaces de morts directes des narcotrafiquants".

"Il y a des gens farfelus, improbables... Croyez-moi, c'est quelque chose avec lequel il faut vivre", a-t-il poursuivi, en indiquant qu'il avait porté plainte.

"Demain, qui va y passer?"

Le maire assure ne pas être effrayé par ces menaces, estimant que "dès qu'on a peur, ils ont gagné". Par ailleurs, l'édile estime que "le silence est assourdissant" au sein de la classe politique marseillaise vis-à-vis du narcotrafic.

"Ce qui s'est passé avec Mehdi, ça veut dire 'taisez-vous' (...). Demain, qui va y passer? Un journaliste, un juge, moi, un autre élu...?" a-t-il interrogé.

L'édile de Marseille appelle à déployer davantage de moyens contre le narcotrafic dans la ville. "Il faut continuer de renforcer les moyens de la police judiciaire (....). Aujourd'hui il y a moins de policiers. Je suis maire de Marseille et je n'ai pas les chiffres exacts du nombre de policiers à Marseille. Quand je pose des questions, j'ai du mal, depuis quasiment une année, à avoir des réponses", déplore-t-il.

"L'assassinat de Mehdi nous dit quelque chose: l'État ne peut plus faire comme si on avait affaire à des narcotrafiquants classiques", ajoute-t-il encore.

Ce mardi 18 novembre, Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, a dénoncé un "crime d'intimidation" contre le frère d'Amine Kessaci, dont les obsèques ont eu lieu le même jour à Marseille.

Dans une tribune publiée dans Le Monde ce mercredi, Amine Kessacci a réaffirmé son engagement dans la lutte contre le narcotrafic et martèle qu'il ne va pas "baisser la tête".