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Festival d'Aix-en-Provence: Sivan Eldar présente une création musicale aux sonorités indiennes

BFM Marseille TRC avec AFP
Le Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence a débuté le 4 juillet 2025. (Illustration)

Le Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence a débuté le 4 juillet 2025. (Illustration) - AFP

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Une oeuvre mêlant musique électronique et sonorités sud-indiennes prend place au Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence à partir de ce dimanche 6 juillet, entre participation du public et improvisation.

Les sonorités indiennes débarquent au Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence. "The Nine Jewelled Deer", création du Festival, qui a débuté vendredi 4 juillet, mêle musique électronique et sonorités sud-indiennes, dans une oeuvre singulière qui se veut un "refuge" spirituel, antidote aux violences du monde.

Cet opéra de chambre, signé par la compositrice contemporaine Sivan Eldar, est donné à partir de ce dimanche 6 juillet et jusqu'au 16 juillet d'abord à Arles, puis à Aix-en-Provence ; une collaboration du prestigieux festival et de la Fondation Luma, dédiée au soutien de la création artistique contemporaine.

"La Biche aux neuf bijoux", en français, "parle des pensées intérieures, des souvenirs qui restent avec nous chaque jour et qu'on n'a jamais fini de comprendre", raconte à l'AFP son metteur en scène américain Peter Sellars, figure dans l'opéra et le théâtre, par ailleurs adepte du bouddhisme.

Elle s'inspire des "Jatakas", des contes qui narrent les vies et les incarnations animales ou humaines de Bouddha. Dans une parabole, une biche aux neuf bijoux est trahie par un homme qu'elle a pourtant sauvé de la noyade.

Une oeuvre participative

Cet opéra puise aussi son inspiration dans la vie de la grand-mère de l'une des deux chanteuses, qui avait fondé un ensemble musical ouvert aux femmes et aux marginalisés.

Sur la forme, tout est singulier. Oubliés, les codes de l'opéra. Sur scène, rien ne sépare les chanteurs des musiciens, traditionnellement en fosse. Ici, tous évoluent assis ou debout sur des tapis, des coussins, des chaises.

L'Iraélo-américaine Sivan Eldar explique que la partition a été écrite sur mesure pour chacun des huit "solistes", six musiciens et deux chanteuses.

Spécialisée dans l'improvisation, la première, Ganavya Doraiswamy, née à New York mais ayant grandi en Inde, invite (avec succès pendant la générale vendredi soir) le public à répéter un refrain en tamoul. La deuxième, Aruna Sairam, est une figure de la musique carnatique (musique classique d'Inde du Sud) dans son pays.

Des parties totalement improvisées

Sivan Eldar a aussi cherché à garder la personnalité musicale de chacun des musiciens (violon et alto, violoncelle, clarinette, saxophone, percussions indiennes, électronique) venus des quatre coins du monde. Il en résulte un mélange "expérimental" comprenant musique live aux influences multiples, musique électronique et sons de la vie quotidienne (bruitages).

La compositrice, qui est née à Tel Aviv, a étudié aux États-Unis et vit en France, où elle travaille avec l'Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam), aime les expérimentations musicales collaboratives. Singularité, son "réalisateur en informatique musicale" ("RIM"), venu de l'Ircam et responsable de la partie technologie et musiques électroniques, est aussi sur scène.

Autre particularité : dans cette oeuvre, "des parties sont à 100% écrites, d'autres sont plus ouvertes", laissant la possibilité d'une improvisation qui reste "contrôlée", indique Sivan Eldar. C'est un opéra "différent chaque soir, c'est sûr", ajoute-t-elle, le qualifiant volontiers d'"ovni".

Pour sa part, Peter Sellars souhaite avant tout que le spectateur fasse "une expérience extraordinaire". "À l'heure où les sociétés sont divisées", "l'atmosphère violente", il s'agit de proposer "simplement un lieu de refuge, calme, tranquille, où on se sent libéré, dans un espace infini". "C'est ça, l'opéra", dit-il.