Brise de mer: le procès du clan d'un parrain corse décédé s'ouvre à Marseille

Palais de justice (PHOTO D'ILLUSTRATION). - Thomas SAMSON
Le procès du clan de Francis Mariani, considéré comme l'un des membres fondateurs de la bande criminelle corse de la Brise de Mer, s'ouvre lundi à Marseille, après une enquête déclenchée suite à son décès dans l'explosion d'un hangar en 2009.
Braquages de banques et de fourgons blindés, jeux clandestins, boîtes de nuit... La Brise de Mer, du nom d'un café du Vieux-Port de Bastia où ses membres se retrouvaient depuis la fin des années 1970, a dominé la criminalité pendant 25 ans, en France et en Suisse.
Une lutte fratricide à la fin des années 2000
Mais à la fin des années 2000, deux de ses membres fondateurs s'affrontent, Richard Casanova et Francis Mariani. Une lutte fratricide qui se traduit par l'assassinat du premier, en avril 2008, puis la disparition du second, le 12 janvier 2009.
C'est donc le clan Mariani, notamment son fils et héritier Jacques, qui sera sur le banc des prévenus au tribunal correctionnel de Marseille, jusqu'au 4 février, notamment pour association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes.
Dans ce dossier, tout commence ce jour d'hiver 2009 par l'explosion d'un hangar, à Casevecchie (Haute-Corse). Gendarmes, démineurs et pompiers découvrent "deux corps sans vie, calcinés".
Selon les enquêteurs, la première explosion a tué Francis Mariani, en fuite depuis un procès pour assassinat en 2008 et provoqué un incendie. Sinistre qui aurait lui provoqué l'explosion d'une seconde charge, tuant Charles Fraticelli, un proche de Mariani.
Dans les décombres, des armes, des véhicules volés et un téléphone. A partir de ce dernier, "un réseau de téléphonie occulte" était identifié, "reliant l'ensemble des membres de l'équipe dirigée par Francis Mariani" et désormais par son fils Jacques, depuis sa prison.
Claude Chossat, personnage central
La mise sur écoute de nombreuses lignes permettait de comprendre que Jacques Mariani menait sa contre-enquête sur la mort de son père, soupçonnant une trahison.
Les doutes se portent sur Claude Chossat, homme à tout faire de Francis Mariani, qui connaissait l'existence du hangar et était absent le jour de l'explosion, le rendant suspect aux yeux du fils.
Claude Chossat, "repenti" autoproclamé mais qui n'a jamais pu bénéficier de la protection accordée par la loi, va révéler aux enquêteurs beaucoup d'informations sur le fonctionnement de l'équipe Mariani.
Les juges évoquent notamment dans leur ordonnance de renvoi devant le tribunal un "projet d'assassinat ourdi par Francis Mariani et son équipe, et qui devait être repris par son fils Jacques" contre un proche de Richard Casanova.
Tous les prévenus nient les faits.













