Au moins 1.600 enseignants et lycéens "très en colère" dans la rue à Marseille

Au moins 1.600 enseignants et lycéens, selon la police, manifestent jeudi 1er février à Marseille. - BFM Marseille Provence
Au moins 1.600 enseignants et lycéens, selon la police, manifestent jeudi matin à Marseille, "très en colère" notamment contre les déclarations de leur ministre Amélie Oudéa-Castéra.
Le cortège est parti du haut de la célèbre Canebière en fin de matinée et devait rejoindre le siège de l'inspection académique.
"Toutes les AOC ne sont pas des grands crus": Anne Touzin, directrice d'une école maternelle REP à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) tient haut sa pancarte visant sa nouvelle ministre. "Tout ce qu'elle défend, c'est le contraire de ce qu'on veut: le séparatisme, le financement du privé, la non mixité sociale", explique-t-elle à l'AFP.
"Il y a une accumulation", "depuis deux semaines on a des personnels qui nous sollicitent, qui disent qu'ils viennent à la manif, ce sont des gens qu'on ne voyait pas avant", observe Mireille Constantin, co-secrétaire départementale du syndicat CGT éducation, assistante sociale dans deux établissements marseillais.
"Trois casquettes pour une ministre"
Les enseignants sont appelés à la grève et à manifester partout en France jeudi pour "lancer un avertissement" au gouvernement sur les conditions de travail, les salaires et l'école publique, une grogne clairement attisée par les déclarations de Mme Oudéa-Castéra. Selon le ministère, 20,26% d'enseignants sont en grève jeudi.
Le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, affirme que 47% des enseignants de collèges et lycées sont en grève.
"Les déclarations de la ministre ont mis les enseignants très en colère", témoigne Valérie Zika Dussol, déléguée syndicale FSU-SNUIPP, professeure dans une école de Martigues (Bouches-du-Rhône).
"Trois casquettes pour une ministre: qu'est-ce que ça envoie comme message? Que notre jeunesse ne vaut rien? Que nous on ne vaut rien? On nous aurait craché a la figure, ce serait la même chose!", s'agace Marie-Christelle Colombani, professeure dans un lycée privé sous contrat de Marseille (12e).
Et elle tient à préciser: "Je suis enseignante dans le privé et je peux vous dire que ce que dit la ministre n'est pas vrai, on n'est pas plus remplacé que dans le public".
Trois lycées brièvement bloqués
Trois lycées de Marseille ont brièvement été bloqués jeudi matin, a-t-on appris auprès du rectorat avant que plusieurs dizaines de lycéens ne rejoignent le cortège des enseignants.
Principal grief: le projet annoncé par le Premier ministre Gabriel Attal de généraliser le Service national universel (SNU) d'ici la rentrée 2026. "Les jeunes sont dans la rue, pas au SNU", brandissait par exemple une élève. "Jeunesse émancipée" plutôt que "militarisée", exprimait une autre.













