Aix-en-Provence: menacés d'être délogés, des habitants d'Encagnane demandent des solutions "concrètes"

Un projet de rénovation... mais à quel prix pour les habitants? D'ici 2026, 254 logements des bâtiments Méjanes et Calendal du quartier aixois d'Encagnane doivent être démolis dans le cadre d'un projet de rénovation. Le chantier, lancé en 2021, prévoit aussi les démolitions de l'ancienne école maternelle et des bâtiments Phares et Balises, pour faire place à 424 nouveaux logements.
"Dont 102 logements sociaux, des espaces paysagers, un mail piétonnier, un pôle numérique, un local d’activité et une couveuse d’entreprises", précise la métropole Aix-Marseille sur son site.
Mais ce projet pose un problème de taille pour les habitants du quartier: celui du relogement. Seuls des appartements plus petits, plus vieux, avec parfois des loyers plus élevés, ont été proposés comme solution de relogement.
Les riverains demandent "des actes signés"
Les riverains dénoncent une "honte", alors même que certains vivent dans le quartier depuis des décennies. Ils dénoncent également un projet qui a été lancé sans leur consultation, et qui, à terme, pourrait les voir exclus de leur quartier.
"On estime que nous sommes trop pauvres pour habiter dans de futurs logements qui sont juste face à nous, où un terrain est prêt. On n'a aucune explication, nous n'avons jamais été consultés depuis le départ de ce projet", pointe Suzanna Dahmani, membre du collectif d'habitants Méjanes/Calendal.
Le calendrier du projet partagé par la métropole d'Aix-Marseille sur son site prévoit le relogement des habitants sur une période allant de 2021 à 2025. Mais le collectif ne compte pas se laisser faire et demande des solutions adéquates pour le relogement des riverains.
"Nous allons rester là où nous sommes tant que les gens ne seront pas satisfaits et qu'il n'y aura pas de vraies solutions, concrètes, avec des écrits, des actes signés", martèle Suzanne Dahmani.
Les habitants assurent être poussés dehors
Mais au-delà de cette menace d'être délogés de leur quartier, les habitants dénoncent aussi un manque d'entretien des bâtiments et espaces verts alentours, une volonté selon eux de les pousser à quitter les lieux.
"Malgré les déclarations aux assurances, de nombreux sinistres et dégâts des eaux ne sont jamais pris en charge et pris en compte par Pays d'Aix Habitat", dénonce le collectif sur son compte Facebook.
Ils assurent que les rues ne sont plus nettoyées, le quartier laissé à l'abandon, et dénoncent même la présence de rats et de cafards.
"Nous payons des charges, et ils n’interviennent pas pour les charges pour lesquelles nous payons. Que ce soit élaguer les arbres, que ce soit nettoyer, couper les herbes..." énumère Suzanna Dahmani.
Contactée par BFM Marseille Provence, la municipalité n'a pas répondu à nos sollicitations. Mais en juillet 2023, elle avait déjà assuré auprès de nos confrères de La Provence que le projet avait pour but de créer de la mixité sociale dans le quartier, sans pour autant "dégager" les habitants.













