Un artiste condamné pour sa sélection faussée à la Fête des Lumières à Lyon
L'Hôtel de Ville de Lyon et le musée des Beaux-Arts illuminés à l'occasion du lancement de la Fête des lumières de Lyon, le 5 décembre 2024. (Ilustration) - Alex MARTIN / AFP
Metteur en scène de spectacles de sons et lumières, Damien Fontaine a été condamné ce jeudi 15 janvier à six mois de prison avec sursis pour avoir bénéficié d’informations privilégiées lors de sa candidature à l’édition 2018 de la fête des Lumières de Lyon.
Le tribunal correctionnel de Lyon l'a jugé coupable de recel de favoritisme et l'a condamné également à une amende de 2.000 euros et trois ans d'inéligibilité. Son producteur de l’époque, Sébastien Salvagnac, a été condamné à la même peine.
En 2018, l'artiste de 50 ans avait obtenu le lot de l'illumination de la colline de Fourvière, principale attraction du marché public de la célèbre manifestation, d’un montant de 166.000 euros.
Selon le parquet, il avait modifié son offre en pleine procédure de consultation, en bénéficiant de renseignements confidentiels de la part de Jean-François Zurawik, à l’époque directeur de la fête des Lumières. Ce dernier a mis fin à ses jours durant l'instruction.
Un projet copié jusqu'au titre
Damien Fontaine "a bénéficié d'un avantage injustifié et d'un accompagnement personnalisé", avait estimé le procureur à l’audience du 12 décembre en requérant six mois de prison avec sursis.
"On n’avait aucune indication que ça venait d’un autre dossier et que cela pouvait nous favoriser", s'était défendu l'artiste, niant l’infraction.
"Je savais qu’on n’avait pas le droit, mais je n’avais pas le choix", avait pour sa part argué son ancien producteur, assurant que le marché de la fête des Lumières était alors connu pour son opacité. Son avocat avait plaidé la relaxe, estimant que la ville portait la responsabilité du mauvais encadrement du marché.
L'affaire avait éclaté après la plainte de Milosh Luczynski, artiste écarté du marché, qui estimait avoir vu son projet copié par son concurrent, lequel était allé jusqu’à reprendre le titre "Reflets".
"Enfin ! La vérité a été dite. La justice a pu remettre chacun à sa place", a commenté l’artiste, qui a obtenu 5.000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral.













