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Mort d'une gendarme à Lyon: la décision sur un procès renvoyée en novembre

BFM Lyon A.F avec AFP
La cour d'appel de Lyon. (Image d'illustration)

La cour d'appel de Lyon. (Image d'illustration) - ROMAIN LAFABREGUE

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Myriam Sakhri, gendarme, a été retrouvée morte dans la caserne où elle travaillait à Lyon, le 24 septembre 2011. La décision sur un éventuel renvoie en procès de l'affaire a été repoussée au 24 novembre.

La chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Lyon a renvoyé mardi au 24 novembre une décision sur un éventuel renvoi en procès de l'affaire d'une gendarme retrouvée morte dans une caserne lyonnaise en 2011.

Début 2021, le parquet général avait requis la reprise d'une information judiciaire pour "harcèlement" et "homicide involontaire", après de nouveaux témoignages produits par la famille de la gendarme, qui n'a jamais cru à la thèse officielle d'un suicide pour raisons personnelles.

Mais lors de l'audience à huis clos mardi, le même parquet général n'a pas été en mesure de se prononcer sur le fond, selon l'avocat des parties civiles, qui a en conséquence demandé, et obtenu, un renvoi au 24 novembre.

"C'est un immobilisme qui peut interroger", a réagi ce dernier, Vincent Brengarth. "Lorsque vous avez des gendarmes qui témoignent d'un racisme qui s'opère et que Mme Sakhri a dénoncé, avant que cela ne se retourne contre elle avec une mise à l'écart par ses collègues, cela doit interpeller".

Le parquet de Lyon "n'a pas fait son travail"

"On est extrêmement déçus par le parquet de Lyon, qui n'a pas fait son travail", a réagi de son côté Nadira Sakhri, soeur de la gendarme décédée, qui avait interpellé Emmanuel Macron le 12 septembre dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux.

Myriam Sakhri, âgée de 32 ans et d'origine algérienne, a été retrouvée le 24 septembre 2011 dans son appartement de fonction, une balle dans le ventre et son arme de service à ses pieds.

La version qui prévaut depuis veut qu'elle se soit suicidée après avoir appris qu'elle devrait comparaître devant un tribunal pour deux affaires liées à l'exercice de sa profession.

Mais la gendarme, affectée au Centre d'opérations et de renseignements (Corg) de la gendarmerie du Rhône, service chargé de répondre aux appels du public, se plaignait depuis des mois d'être harcelée par des collègues et sa hiérarchie.

Elle avait engagé un avocat pour porter plainte, et une enquête interne avait été ouverte, dont elle attendait les conclusions. À sa mort, un mot retrouvé à ses côtés, écrit de sa main - "Merci à G. le connard!" - désignait le colonel qui commandait à l'époque la gendarmerie du Rhône.

De nouveaux témoignages transmis à la justice

Après un premier classement de l'affaire, sa famille, dénonçant la partialité des investigations menées par l'IGGN, avait porté plainte, déclenchant l'ouverture d'une information judiciaire en 2012. Celle-ci a débouché sur un non-lieu en 2013, confirmé en appel en 2014 puis par la Cour de cassation en 2015.

Pour la famille et ses avocats, de nouveaux témoignages transmis à la justice démontrent qu'elle était devenue "la bête noire" du Corg en dénonçant les propos racistes, machistes et homophobes de certains collègues. Ils éclairent aussi le rôle joué par le colonel G. pour "salir" la gendarme selon certains.

Contacté par l'AFP, le parquet général de Lyon n'était pas immédiatement disponible pour réagir. En avril dernier déjà, le parquet avant demandé un renvoi car il disait ne pas avoir eu accès aux conclusions de l'information judiciaire, précise BFM Lyon.