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Lyon-Vaise: mobilisation contre l'ouverture d'un McDonald's à la place d'une brasserie Bocuse

BFM Lyon Gauthier Hartmann , Journaliste BFM Régions
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Le Ouest Express, restaurant de burgers à la française du groupe Bocuse, avait fermé en septembre dernier, racheté par McDonald's. Les habitants mobilisés trouvent ce changement "inadmissible".

Ce sont des habitants en colère qui se mobilisent à Lyon après la fermeture du restaurant de burgers Ouest Express, du groupe Bocuse. Celui-ci devrait être remplacé par un McDonald's. Le Ouest Express de Lyon-Vaise, lancé en 2008, a été vendu vers la mi-septembre. C'est McDonald's qui avait acheté les murs ainsi que le fonds de commerce de la première enseigne de burgers du groupe Bocuse.

Ce rachat ne plaît cependant pas du tout aux habitants et aux habitués de ce restaurant. Certains d’entre eux ont lancé une pétition pour demander à la ville de Lyon de bloquer l'autorisation de travaux alors que l'ouverture du McDonald's est prévue pour fin novembre 2021. Une ancienne cliente du Ouest Express, favorable à la pétition, trouve l'arrivée de McDonald's "inadmissible".

“On parle après de santé, il faut manger sain, et on nous met encore un truc dégueu”, déplore-t-elle au micro de BFM Lyon

Comme elle, plusieurs riverains habitués de l'ancien restaurant occupé par le groupe Bocuse, critiquent la dégradation de la qualité alimentaire dans les lieux ainsi que les raisons financières qui se trouveraient derrière l'installation du géant du fast-food américain.

"On essaie d'inculquer une façon de bien manger à nos enfants, et puis finalement ce qui se passe c'est que ce sont les grandes chaînes qui gagnent pour une question de rentabilité", dénonce cet autre habitant.

Les anciens clients et les riverains en colère se sont regroupés au sein du collectif NAMVI (Non au Mcdo Vaise Industrie). La pétition qu'ils ont lancée en ligne compte actuellement plus de 4300 signatures. Celle-ci appelle la mairie de Lyon à suspendre l'autorisation de travaux accordée à McDonald's. Ses membres souhaiteraient ensuite pouvoir obtenir le rachat des murs du restaurant par la Métropole pour y créer une coopérative "100% bio" de fruits et légumes locaux.

La pétition dénonce la prolifération des établissements McDonald's à Lyon avec près de 31 enseignes présentes dans la Métropole et 10 dans la ville de Lyon. Ils réclament également la présence de plus de commerces alimentaires locaux alors que le quartier ne compte qu'une épicerie. Ils souhaitent ainsi installer en lieu et place du McDonald's, une "halle de producteurs locaux" alors que d’autres enseignes du groupe américain existent déjà dans les alentours. Ce fast-food serait le 32e de la firme américaine dans la Métropole de Lyon.

"Le but c'est quoi? C'est d'avoir un Mcdo tous les deux kilomètres pour aller chercher son big mac quotidien à pied? C'est ça le modèle de société que l'on propose pour demain ou à l'inverse est-ce qu'on essaye de mettre en avant des produits sains, des produits locaux?", s'interroge Alexandre, membre du collectif NAMVI.

Les auteurs de la pétition considèrent également que la "prolifération déraisonnée" des établissements McDonald's n'est pas compatible avec les enjeux écologiques actuels en raison notamment de la propension au gaspillage de la chaîne de fast-food.

La pétition pointe par ailleurs que le prestigieux chef Paul Bocuse, mort en 2018 et dont le groupe était propriétaire du Ouest Express, avait dénoncé pendant longtemps les méfaits de la malbouffe.

"Comment est-ce qu'ils ont pu vendre le Ouest Express à McDonald's alors que McDonald's, c'était tout ce que combattait Monsieur Paul?", s'insurge Alexandre.

Un recours gracieux demandant l'annulation de l'autorisation préalable de ces travaux a été adressé au maire de Lyon le 1er octobre par le collectif. La requête pourrait trouver sens auprès de la municipalité écologiste qui encourage le développement d'une alimentation plus saine tournée vers des produits locaux.

La ville de Lyon souhaite notamment arriver à 50% de produits locaux et 100% de produits bio dans les cantines scolaires d'ici 2026. Elle a aussi mis en place un pôle alimentaire permettant l'accès à "une alimentation de qualité" pour tous, y compris les personnes défavorisées.

Le président écologiste de la Métropole, Bruno Bernard, avait lui annoncé en août dernier la multiplication par quatre à hauteur de 10 millions d'euros, du budget d'investissement à l'agriculture afin de soutenir le bio et le local.