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Lyon: la multiplication des tags excède les habitants, une pétition lancée

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Face à la présence toujours plus importante de tags et de banderole dans les rues de la ville, citoyens comme élus appelle la ville à agir contre ce laisser-aller

"Un véritable fléau". C’est par ces termes qu'Edouard Hoffman désigne la prolifération de tags sur les murs, portes, voire les monuments historiques de Lyon. Pour ce riverain du 1er arrondissement, le phénomène se serait accentué ces dernières années. Et c'est pour cela qu'il a lancé une pétition pour sensibiliser les citoyens à ce problème.

"On laisse les bas d'immeuble totalement maltraités, c'est inacceptable!", s'insurge Edouard Hoffman, montrant en exemple les bâtiments des pentes de la Croix-Rousse, secteur classé à l'Unesco.

Selon cet habitant, les mesures prises pour effacer les graffitis ne sont pas suffisantes. "Les traces sur la pierre restent visibles, il reste le spectre, et quand c'est fait c'est vraiment du travail de sagouin avec un peu de couleurs différentes à chaque fois", regrette-t-il.

Une brigade contre les dégradations urbaines ?

Edouard Hoffman déplore aussi le manque de réactivité des services de la ville. Comme pour ce tag présent depuis un an, faisant la promotion d'une exposition d'un graffeur. "On sait de qui il s'agit, la mairie n'a pas porté plainte, n'a rien fait", s'agace l'habitant. "A Paris, un tagueur qui a fait une centaine de tags a été arrêté, condamné à 17.000 euros d'amende et de la prison avec sursis", compare-t-il.

Avec sa pétition, ce citoyen concerné espère aussi voir une "brigade dédiée aux dégradations urbaines" avec l’argent normalement prévu pour le nettoyage des murs. "L'idée c'est de créer de l'emploi", précise Edouard Hoffman.

De son côté, la mairie assure que chaque nouveau tag est effacé dès qu’il est constaté. Elle propose en revanche un contrat pour les bâtiments privés afin d’intervenir aussi souvent que nécessaire.

"Lyon ne peut pas se transformer en ZAD"

Dans le 2e arrondissement, le premier adjoint au maire, Jean-Stéphane Chaillet, s'agace, lui aussi, d'un "laisser-faire" pour retirer les dégradations, liées notamment aux différentes manifestations des dernières semaines. "Lyon ne peut pas se transformer en ZAD. C'est ce qui se passe petit à petit, au fil des mois, avec cet exécutif", insiste l'élu.

Et de poursuivre: "Les tags par centaines, voire par milliers, sont en place depuis des semaines. L'office du tourisme, cela fait trois semaines qu'on demande au maire de Lyon de détaguer. Et rien ne se passe."

Muni d’un escabeau, il a retiré ce mercredi une banderole apposée par le mouvement social Extinction Rebellion sur la statue de Louis XIV en plein milieu de la place Bellecour.

Pour lui cette banderole est "la goutte d’eau qui fait déborder le vase" face à l’inaction de la mairie.

"Ceux qui ont installé ces banderoles, ils ont été vus par les caméras de surveillance. Mais il n'y pas eu de déclenchement de fait (...) Peu importe le sujet qui est défendu. Les symboles de notre ville ne doivent pas être des supports pour tous les slogans de tous les activistes que compte notre société", selon Jean-Stéphane Chaillet.