Lyon: jusqu'à 20 ans de réclusion requis lors du procès d'un braquage à 42 millions d'euros

Jusqu'à 20 ans de réclusion, voilà ce qu'a requis le parquet de Lyon, ce jeudi 25 janvier, devant la cour d'assises du Rhône, pour le procès du braquage XXL de 40 millions de francs suisses, soit 42,3 millions d'euros.
Six hommes, âgés de 39 à 54 ans, sont en effet jugés depuis plusieurs jours pour un braquage de fourgon commis en mai 2017 en Suisse. Seuls trois accusés sont présents, les trois autres sont en fuite. Ils sont poursuivis pour "vol en bande organisée avec arme" et "enlèvement et séquestration".
Un arsenal évalué à 80.000 euros
S'agissant des trois personnes présentes physiquement à l'audience, le procureur de la République a requis des peines de 9, 12 et 16 ans à leur égard. Dans son réquisitoire avoisinant une heure, il a tenu à rappeler la particularité de ce dossier.
"Ce braquage a nécessité un haut niveau de préparation et une grande expérience. C'est une criminalité qui exige un niveau de renseignements très précis. Cela se traduit par la bande organisée, qui est parfaitement caractérisée", a-t-il développé.
"Avec un arsenal évalué à 80.000 euros comprenant des armes de guerre et des munitions, rien n'est laissé au hasard."
Selon l'avocat général, "tous les accusés sont impliqués, quelque soit leur niveau de connaissance".
Arrêtés dans une ville de Haute-Savoie
Les six hommes, âgés de 39 à 54 ans, ont tous été arrêtés le 24 mai 2017 dans une villa de Haute-Savoie en possession de billets de banque de différentes devises entassés dans des sacs, de quatre lingots d'or, ainsi que de bijoux et de plusieurs milliers de pierres précieuses, pour une valeur totale évaluée à 40 millions de francs suisses (42,3 millions d'euros au cours actuel). Les enquêteurs de la police judiciaire ont aussi retrouvé sur place des armes et des équipements.
Quatre heures plus tôt, en quelques minutes à peine, un convoi de fonds se faisait attaquer dans le canton de Vaud, entre Genève et Lausanne. Sous la menace de fusils d'assaut, les deux convoyeurs avaient été ligotés par des assaillants déguisés en policiers, puis emmenés dans les coffres de deux voitures.
Contre les trois absents, le ministère public a requis 20 ans de réclusion criminelle ainsi que le prolongement des effets des mandats d'arrêt lancés contre eux l'an dernier. Dans ce "trio lyonnais", chacun a déjà été condamné pour des braquages à main armée en France et en Suisse. Les trois ont disparu alors qu'ils étaient sous contrôle judiciaire.
Les accusés minimisent leur implication
Un peu plus tôt dans la journée, les trois accusés présents s'étaient exprimés à la barre. Ils ont décrit une organisation millimétrée. Le premier d'entre eux a raconté qu'au moment des faits, une arme chargée se trouvait à sa droite lorsqu'il conduisait son véhicule. Il assure cependant ne pas l'avoir utilisée.
Son co-accusé a une ligne de défense similaire. "J'avais une arme dans les mains, mais je n'ai pas menacé les convoyeurs. Je l'ai laissée vers le bas", jure-t-il. L'un des deux hommes, qui n’a d’ailleurs pas d’antécédent judiciaire, a expliqué qu’il avait su au dernier moment que l’équipe allait braquer un fourgon.
Le troisième homme lui, n’a cessé de minimiser son implication. Il aurait pourtant mis en relation plusieurs protagonistes avant de trouver un point de chute aux braqueurs, en Haute-Savoie. Il avait été interpellé quelques heures après le braquage en possession de la moitié du butin.
L'audience doit reprendre vendredi avec les plaidoiries de la défense. Les 3 présents hommes risquent jusqu'à 30 ans de réclusion à la perpétuité. Le verdict sera rendu ce vendredi 26 janvier.













