BFM Lyon

Lyon: à la Croix-Rousse, les commerçants protestent contre le nouveau règlement des marchés

BFM Lyon Mélanie Ferreira avec Florian Bouhot
placeholder video
Téléchargez la nouvelle application BFM
Les professionnels du secteur se sont rassemblés devant la mairie du 4e arrondissement ce mardi matin pour faire entendre leur inquiétude, en particulier sur la question des autorisations d'absence.

Le jour n'a pas été choisi au hasard. Dans le quartier lyonnais de la Croix-Rousse, le mardi est synonyme de marché. Mais ce matin, tous les commerçants ne se sont pas positionnés derrière leurs étals.

Dès 8h30, une frange d'entre eux s'est rassemblée devant la mairie du 4e arrondissement. Car l'inquiétude grandit parmi les marchands forains: ils redoutent l'instauration par la municipalité d'une nouvelle réglementation des marchés et d'en être évincés.

Abdelaziz Boumediene, président de l'Association des commerçants indépendants des marchés de France (ACIMF), qui revendique quelque 300 adhérents, a pris la parole devant ses homologues sur le parvis de la mairie.

"Inacceptable"

Au micro de BFM Lyon, il résume les craintes des manifestants: "Le point le plus conflictuel, c'est le fait que nous bénéficions actuellement de huit semaines de possibilité d'absence, de possibilité de pouvoir travailler ailleurs. C'est cette liberté que Mme Camille Augey (adjointe au maire en charge de l'emploi et de l'économie durable, ndlr) veut remettre en cause", s'offusque l'intéressé.

Selon le syndicaliste, la mairie de Lyon prévoit de réduire cette autorisation à trois semaines maximum. "Si pendant trois semaines, vous ne venez pas sur le marché, la quatrième semaine, vous êtes radié. Vous perdez votre place. Vous perdez tous vos droits. Ça, pour nous, c'est inacceptable", explicite Abdelaziz Boumediene.

Parmi les autres points d'achoppement, la municipalité envisagerait d'interdire les barnums, ces chapiteaux utilisés par les marchands pour lesquels certains ont fait crédit, et d'augmenter le prix des emplacements sur les marchés.

Une concertation sans compromis

Autant d'élements inadmissibles aux oreilles des professionnels du secteur, qui plus est dans un contexte de flambée des prix des carburants.

"Nous avons besoin que les élus de la République viennent à notre secours. Nous sommes les premières victimes de la crise sanitaire du Covid-19. N'en rajoutez pas," tient en outre à souligner le président de l'ACIMF.

Ce n'est pas la première fois qu'un rassemblement était organisé devant la maire d'arrondissement. Le 29 mars, une manifestation similaire s'était tenue, avec les mêmes revendications. Preuve que la concertation entre les commerçants et les pouvoirs publics, entamée en novembre et ponctuée de plusieurs réunions, est loin d'avoir abouti à un accord.

Pour donner davantage d'écho à leur combat, les marchands forains prévoient de lancer une pétition contre les nouveaux règlements des marchés.

Une "présence régulière des commerçants"

De son côté, la ville de Lyon dit vouloir "encourager la présence régulière des commerçants sur les marchés (...) une attente forte des usagers qui est ressortie de l’étude préalable réalisée par la Ville".

"Il suffit au commerçant d’être présent une fois par mois sur un marché pour conserver ses droits", précise la ville, qui ajoute que les commerçants peuvent "bénéficier une fois par an de cinq semaines d’absence d’affilées supplémentaires pour convenance personnelle, par exemple pour congés".

"Les arrêts de travail ou absence pour impératifs liés à leur production concernant les agriculteurs ne sont pas non plus comptabilisés à condition de fournir un justificatif. Ce sujet a fait l’objet d’un compromis trouvé lors de la concertation", conclut la mairie.