"Il était presque un dirigeant de l'OL": Jean-Michel Aulas se remémore son amitié avec Gérard Collomb

"On ne s'est jamais vraiment quittés." Comme beaucoup, Jean-Michel Aulas, ancien président de l'Olympique lyonnais, est en deuil. Gérard Collomb, maire de la capitale des Gaules pendant plus de 15 ans, s'est éteint ce samedi 25 novembre des suites d'un cancer de l'estomac.
L'homme politique lyonnais aura marqué la ville de Lyon mais aussi son club de foot, comme le raconte, au micro de BFM Lyon, Jean-Michel Aulas.
Très présent au stade pour les matchs
L'ancien président de l'OL évoque notamment "un long chemin", qui a commencé quand Gérard Collomb était député puis quand il a été élu à la tête de la municipalité lyonnaise.
"Il est arrivé maire de Lyon en mars 2001 et ça a coïncidé avec le début des grandes victoires de l'OL, en Coupe de la Ligue. Il disait toujours 'j'ai porté chance à l'OL'", se remémore Jean-Michel Aulas au micro de BFM Lyon.
Il mentionne des souvenirs "marquants" avec le club, Gérard Collomb ne manquant que rarement les matchs à domicile. "Mais aussi en déplacement, il venait souvent avec nous en coupe d'Europe."
Car Gérard Collomb était un fervent supporter du club lyonnais et fin connaisseur de foot. "Il était souvent à côté de moi aux matchs, on a parlé des heures entières", raconte Jean-Michel Aulas.
"Il y avait un attachement qui était lié non seulement au fait que la ville de Lyon avait une équipe qui était parmi les plus performantes de France et d'Europe mais aussi cette proximité qui faisait qu'il connaissait les joueurs, les supporters des virages. Les Bad Gones l'appréciaient beaucoup (...) je l'avais emmené au siège pour échanger avec eux", continue l'homme d'affaires.
"Un ADN auquel il participait"
Intérêt sincère pour le foot ou simple façade politique? Jean-Michel Aulas est formel: cet amour pour l'OL "n'était pas uniquement un affichage". "C'était une relation très proche. Quelque chose d'exceptionnel qui a participé sûrement à l'union incroyable qui faisait qu'on avait une force dans nos équipes".
"C'était un ADN auquel il participait, il croyait. Si je lui demandais d'aller parler à un entraîneur ou un joueur, non pas tactique, mais dans le futur de ce que l'équipe devait être, il le faisait. (...) Il était presque un dirigeant de l'OL, de par sa proximité avec le groupe et sa connaissance très interne de ce qu'était devenu l'OL".
Si l'impact de Gérard Collomb sur Lyon est bien visible aujourd'hui, pour l'OL cela passe notamment par le Groupama Stadium, inauguré en 2016. "Il y a eu cette idée incroyable de développer et des construire un stade privé. Et c'est lui qui, un jour, m'a emmené pendant le mois d'août à Décines pour me dire 'c'est là qu'il faut le construire'", raconte Jean-Michel Aulas.
"Il avait vu un peu avant tout le monde l'intérêt d'avoir un stade privé car les stades municipaux coûtent très cher aux collectivités territoriales. Il s'était rendu compte que quand on construit un ensemble de grande dimension et qu'on le localise en dehors de Lyon, mais à proximité, il y a possibilité de faire plus grand", ajoute-t-il.
Au final, le choix de Décines s'est avéré être "l'emplacement idéal", assure l'ancien dirigeant de l'OL. "On fait en général près de 50.000 spectateurs de moyenne alors qu'à Gerland, on était plutôt proches de 25.000, 30.000", explique-t-il.
Un maire "exceptionnel"
Au-delà de saluer la mémoire d'un supporter sans relâche de l'OL, Jean-Michel Aulas tient à rendre hommage à "un maire exceptionnel pour la ville de Lyon qu'il a complètement transformée".
"C'était quelqu'un de très proche de tout le monde, c'est ce qui l'a rendu populaire. Il avait cette aptitude à discuter avec tout le monde, l'homme de la rue comme les grands chefs d'entreprise", assure-t-il.
Avant d'ajouter: "Comme il avait une vision claire de ce qu'il voulait faire, il fallait mieux aller dans le sens de ce qu'il souhaitait. Quand il y avait un peu de résistance de la part de ses interlocuteurs, il n'hésitait pas à avoir ses colères mais qui étaient aussi rapides que fortes. Il revenait vite dans la négociation et la discussion."
Et c'est justement cette vision qui lui aurait permis de faire énormément pour la ville de Lyon, notamment avec de grands travaux, transformant la capitale des Gaules en "l'une des plus belles villes françaises" selon Jean-Michel Aulas.
"Quand il a fait le choix de partir à Paris, il a coupé une partie des racines et ça a été dur quand il est revenu. Les Lyonnais n'ont peut-être pas complètement pardonné, ce qui est dommage parce qu'il aurait apporté beaucoup", ajoute-t-il mentionnant la campagne loupée de 2020.
Malgré ce retour compliqué, comme beaucoup de Lyonnais, Jean-Michel Aulas se souvient d'un homme "sympathique, très jovial et cultivé" qui aura laissé une empreinte indéniable sur la ville, aussi bien dans la rue que dans les vestiaires de l'OL.













