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Grenade lacrymogène dans un appartement à Lyon: la locataire dénonce le classement sans suite de sa plainte

BFM Lyon Amélie Duchampt avec Alixan Lavorel
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En janvier 2022, une grenade lacrymogène avait atterri dans un appartement lyonnais en marge d'une manifestation contre le pass vaccinal.

"Ça a brûlé le lit, le sol, la table, la chaise, tout le mur". À Lyon, Kady, se remémore plus d'un an plus tard, les événements du 8 janvier 2022. Aujourd'hui encore, la chambre porte les stigmates de cette journée, lorsqu'une grenade lacrymogène atterrissait à quelques centimètres de la fille aînée de la mère de famille, lors de heurts entre manistants et forces de l'ordre en marge d'une manifestation anti-pass vaccinal à Lyon.

"J'ai quand même failli perdre mes enfants", confie Kady au micro de BFM Lyon.

"Ma fille était là, devant la fenêtre en train de se coiffer. Elle a vu un truc qui venait vers la fenêtre, donc elle est venue me voir pour me dire 'maman, vient voir il y a du feu dans la chambre'", poursuit Kady Matondo, locataire de l'appartement.

Et de poursuivre: "Quand je suis arrivée, c'était tout noir, en train de brûler et je vois les CRS en bas".

Si aucun membre de la famille n'a été blessé physiquement, Kady avait décidé de déposer plainte auprès de la gendarmerie. Finalement plus d'un an après, la procédure n'a pas abouti comme elle le souhaitait, la plainte de la mère de famille ayant été classée sans suite.

Une situation "pas normale"

Cette scène de janvier 2022 a, en tout cas, été un traumatisme pour les enfants de Kady, d’autant que l’une est asthmatique. Les filles de Kady refusent depuis d’entrer dans la pièce concernée. Elle a donc décidé de laisser sa chambre à ses enfants et dort sur le canapé.

"J'ai toujours un torticolis, mal à la tête et au cou parce qu'il n'y a pas de confort dedans", confie la mère de famille sur notre antenne.

À la suite du choc, Kady a perdu son emploi à la ville de Lyon. Toute la vie de la famille a été bouleversée, alors le classement sans suite de sa plainte est ressenti par cette dernière comme inconcevable. "C'est injuste, c'est pas normal qu'après l'accident on n'a rien fait, même me convoquer", dénonce la Lyonnaise.

"Classer un dossier comme ça, sans faire de constat je trouve ça injuste", confie Kady à BFM Lyon.

Un déménagement impossible

Les manifestations, nombreuses dans le quartier ces derniers mois, réveillent les blessures de Kady et ses filles qui ne se sentent plus en sécurité. Leur mère demande depuis un an à Alliade, le bailleur social, de les reloger à Lyon ou ses environs.

Une demande restée sans succès jusqu'à présent. "Il y a très peu d’appartements de type T5 dans le parc des bailleurs. Tous ceux que nous avons dans les secteurs demandés sont déjà occupés", indique Alliade Habitat.

Kady et son avocate vont contester le classement sans suite. Mais tant qu’elle restera dans cet appartement, cette dernière estime qu'elle ne pourra pas avancer.