"Elle est sous le choc": l'avocat d'une des supportrices de l'OL agressées dénonce un acte "raciste"

Elles étaient venues soutenir leur équipe de cœur. Mais la soirée s'est soldée par une agression "raciste" et "violente". Deux supportrices de l'OL, présentes au Groupama Stadium pour suivre la finale de la Coupe de France entre le club lyonnais et le PSG, samedi 25 mai au soir, ont été agressées par d'autres supporters.
Ce sont des internautes, notamment des supporters lyonnais indignés, qui ont dénoncé les faits sur les réseaux sociaux, dimanche 26 mai. Hier, lundi 27 mai, l'une des victimes a déposé plainte. Quelques heures après, le club a dénoncé des "comportements inacceptables et choquants", qui "n’ont pas leur place à l’Olympique Lyonnais". L'OL promet d'accompagner "toutes les victimes dans leur plainte en se constituant partie civile".
Ce mardi 28 mai, l'avocat de l'une des victimes, Me Tammouz Al-Douri, est revenu sur les faits au micro de BFM Lyon.
Un individu "a essayé d'arracher le voile de l'amie de ma cliente"
Selon le conseil, ce soir-là, les deux amies "se sont faufilées pour aller devant l'écran géant" du stade pour regarder la finale. C'est à ce moment précis que débute la prise à partie.
"Elles ont commencé à subir des remarques à la fois sexistes et racistes de la part d'un groupe de personnes, notamment d'un individu. Puis, au cours des célébrations, l'un des individus a commencé à lui porter des coups de coude, au moins une dizaine de fois, notamment au visage", ajoute l'avocat.
Concernant les remarques à caractère racistes, Me Tammouz Al-Douri dit ne pas être "en mesure de préciser les termes exacts entendus". Mais il évoque "des remarques à plusieurs reprises sur le voile et des gestes ambigus". En particulier ce "geste très clair, d'un des individus du groupe, qui a essayé d'arracher le voile de l'amie de ma cliente, ce qui nous indique qu'il y a une connotation raciste à l'agression".
La victime "choquée"
Sur le réseau social X, la victime conseillée par Me Tammouz Al-Douri, prénommée Anissa, décrit elle aussi son agression. "J’ai dû traverser toute la fosse en pleurs, choquée de ce qu'il s’était passé", rembobine-t-elle dans un court enchaînement de publications.
Quelques jours plus tard, l'émotion ne retombe pas. "Elle est en état de choc. C'est une agression extrêmement violente, d'autant plus quand on est avec une amie et entourée par une équipe de sécurité du stade. Ma cliente n'est pas retournée au travail. Elle n'est pas prête et pas prête non plus de retourner dans une foule", affirme Me Tammouz Al-Douri.
D'autant que dans sa déclaration, la victime pointe le manque de soutien de la part d'un stadier présent. Ce dernier, après avoir été mis au courant de l'agression, aurait simplement écarté de quelques mètres l'agresseur présumé.
"L'attitude du premier stadier a été inacceptable. Il n'a pas protégé ma cliente", regrette l'avocat. Qui précise: "Il n'a pas écarté l'agresseur, ne l'a pas emmené au poste de police."
C'est un autre agent de sécurité, quelques instants plus tard, qui aurait accompagné les deux victimes dans un endroit à l'abri.
Elle souhaite "aller au stade comme elle l'entend"
Auprès de BFM Lyon, Me Tammouz Al-Douri indique qu'il va "saisir le parquet pour insister sur le fait que le caractère raciste de l'agression doit être reconnu". Il espère ainsi que la "justice puisse rapidement trancher".
"Là, on a la chance d'avoir une vidéo et des témoignages", ajoute-t-il.
De son côté, Anissa, "veut se servir de tout le soutien reçu pour avoir la force de mener son combat", admet son conseil. Elle espère que des mesures seront prises et que "ce type d'incidents ne se renouvelle pas". Car en tant que supportrice de l'OL, elle entend pouvoir aller au stade comme "elle l'entend".













