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"Un climat de défiance mutuelle": ces locataires qui mentent face à ces propriétaires qui exigent des choses illégales

BFM Business Marine Cardot
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Les propriétaires multiplient les clauses abusives et une majorité (58%) avoue demander une caution d'un montant suppérieur au maximum légal, selon une étude. De l'autre côté, 1 locataire sur 4 a déjà falsifié son dossier pour décrocher un logement.

Propriétaires et locataires sont désormais prêts à tout, même à transiger avec la loi. Face à un marché de la location de plus en plus tendu, les pratiques illégales se multiplent, selon une étude réalisée par Flashs pour la plateforme Zelok (qui permet aux locataire de constituer leur dossier en ligne).

"Dans un marché locatif souvent saturé, la recherche d’un toit s’apparente de plus en plus à une épreuve d’endurance, où les compromis, les renoncements, voire les entorses aux règles, se banalisent", écrivent les auteurs de l'étude.

Face à la pénuirie de logements à louer, les locataires ne sont pas en position de poser leurs conditions et doivent se soumettre à des exigeances de plus en plus drastiques. Non seulement, ils doivent souvent gagner trois fois le montant du loyer et être en CDI mais d'autres conditions illégales leur sont parfois imposées.

Les pratiques illégales des propriétaires

Ainsi, 39% des propriétaires-bailleurs demandent plusieurs mois de loyer payés d'avance et 29% exigent le versement d'une partie du loyer non déclarée dans le contrat (par exemple pour contourner le plafonnement des loyers). Ils sont même 58% à avouer demander une caution d'un montant supérieur au maximum légal.

Des pratiques acceptées par de nombreux locataires par peur de perdre une opportunité. 42% des locataires estiment en effet qu'il est "difficile de faire autrement" face aux demandes abusives.

Certains propriétaires vont encore plus loin et n'hésitent pas à poser des clauses discriminatoires. 31% reconnaissent ainsi interdire les animaux de compagnie et 27% avouent même choisir leurs locataires en fonction de l'origine ethnique.

Des locataires de plus en plus prompts à mentir

De l'autre côté, les locataires hésitent de moins en moins à mentir. Ainsi un locataire sur 4 (26%) a déjà fourni de fausses informations pour obtenir un logement. Les manipulations les plus fréquentes restent d’ordre déclaratif : faire croire à une situation personnelle différente (16%), dissimuler son origine (14%) ou encore enjoliver ses revenus à travers une fiche de paie trafiquée (12%).

D’autres vont plus loin en falsifiant un contrat de travail ou un avis d’imposition (10% des personnes interrogées). Des pratiques qui n'échappent pas toujours aux propriétaires puisque 58% d'entre eux ont déjà détecté ou suspecté un dossier frauduleux.

L'étude décrit ainsi "un climat de défiance mutuelle qui pousse chaque camp à durcir ses pratiques".

"Le logement, pilier de la stabilité personnelle et sociale, devient le terrain d’arrangements contraints qui fragilisent la confiance entre acteurs", résume ainsi l'étude.

* Enquête réalisée par l’institut Flashs pour Zelok auprès d’un échantillon représentatif de 2.000 Français et Françaises âgé(e)s de 18 ans et plus. Parmi eux, 1.606 personnes ayant un lien actuel ou passé avec la location (dont 808 actuellement locataires) et 284 propriétaires bailleurs.