Onze ans après l'effondrement d'un immeuble à Reims, les prévenus relaxés
L'immeuble qui s'était effondré le 28 avril 2013 à Reims. - François NASCIMBENI / AFP
Le tribunal de Reims a relaxé mardi deux sociétés et un technicien jugés pour une explosion due au gaz dans un immeuble qui avait fait trois morts en 2013, conformément aux réquisitions du parquet.
"La cause du sinistre ne peut pas être établie avec certitude", a précisé la présidente du tribunal à l'énoncé du délibéré.
Le 28 avril 2013 vers 11 heures, une explosion provoquée par du gaz, au premier étage d'une barre d'immeuble dans un quartier précaire de Reims, avait entraîné l'effondrement d'un pan de l'édifice comportant une dizaine d'appartements. Deux femmes et un homme âgés d'une soixantaine d'années avaient été tués et quatorze personnes blessées.
La société qui avait posé la gazinière dans l'appartement d'où était partie l'explosion, le prestataire chargé de sa maintenance et un technicien de ce dernier avaient comparu en juin devant le tribunal correctionnel pour "homicides involontaires", "blessures involontaires" et "destruction involontaire du bien d'autrui".
Des conclusions d'expertises "divergentes"
"On s'y attendait", a reconnu Cyndie Bricout, avocate d'une famille de riverains et de la soeur d'une des victimes.
"La cause exacte de l'explosion n'a pas pu être déterminée (...) Les experts eux-mêmes, entre eux, n'étaient pas d'accord, ont avancé plusieurs thèses, ne parvenaient pas à s'entendre", a-t-elle regretté.
"Cette décision est normale et je pense que ça fait longtemps qu'on aurait dû apporter cette solution à cette affaire", a pour sa part réagi Thierry Dalmasso, avocat de l'une des sociétés poursuivies, soulignant que dès l'instruction, menée par sept juges d'instruction successifs, "les conclusions d'expertises étaient complètement divergentes".
Lors du procès, les experts n'avaient pas réussi à s'accorder sur la gazinière en cause parmi celles retrouvées dans les décombres. Ils s'étaient en outre contredits sur la nature de la fuite, un expert voyant "une micro-fuite en amont du robinet, un autre une fuite massive en aval et le troisième une fuite de la gazinière", avait alors énuméré Thierry Dalmasso.












