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Les transactions rebondissent de 11%, les prix frémissent et Marseille fait le course en tête: les notaires plutôt confiants pour l'immobilier ancien mais ils craignent une hausse des prix trop précoce

BFM Business Emma Rodot
Avec 921.000 transactions dans l'immobilier ancien enregistrées en septembre 2025, le marché a retrouvé les volumes de 2017.

Avec 921.000 transactions dans l'immobilier ancien enregistrées en septembre 2025, le marché a retrouvé les volumes de 2017. - Unsplash

Les volumes de transactions ont réaugmenté dans l'immobilier ancien en 2025, confirme le Conseil supérieur du notariat dans son bilan annuel. Si les prix frémissent, les durées de possession s'allongent également.

Un frémissement à confirmer... Vers une sortie de crise ? Le Conseil supérieur du notariat (CSN) relève des indicateurs encourageants dans son bilan 2025, après deux années d'enlisement. "Les données macroéconomiques sont plutôt bien orientées" dans l'immobilier ancien, confirme Priscille Caignault, membre du bureau.

"Les volumes augmentent, les prix sont quasiment stables, mais on commence à voir une légère augmentation. On se dit qu'en période de crise, les volumes baissent en premier, les prix suivent, mais ici c'est plutôt l'inverse. On commence à se dire qu'on est sorti de la crise".

Avec 921.000 transactions dans l'ancien enregistrées en septembre 2025, en hausse de 11% sur un an (le point bas s'est situé au troisième trimestre 2024, avec 832.000 transactions), le marché a retrouvé les volumes de 2017. Une dynamique notamment portée par le retour des primo-accédants, qui ont profité de la baisse des crédits immobiliers. De quoi apporter un peu d'air au marché, bien qu'il faille regarder attentivement l'évolution des prix et des taux directeurs pour confirmer une reprise.

Marseille connaît la plus forte inflation

Les prix ont en effet commencé à frémir, avec +1,3% en moyenne sur un an pour les appartements anciens en France. Les villes de Dijon (+3,1%), de Marseille (+2,4%), de Toulon (+2,3%) et de Reims (+2,1%) enregistrent les plus fortes hausses dans cette catégorie. Sur dix ans, Marseille trace en tête avec +40,6% et un prix au mètre carré fixé à 3.150 euros. Contre 9.570 euros dans la Capitale (+0,8% sur un an). Lyon, Bordeaux et Nantes voient quant à elles encore les prix baisser.

Le marché de l'immobilier semble retrouver quelques couleurs
Le marché de l'immobilier semble retrouver quelques couleurs
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Cette légère augmentation pourrait pousser les propriétaires à remettre leur bien sur le marché. Mais gare au pouvoir d'achat. Les taux de crédits immobilier sur vingt ans, après avoir atteint un pic fin 2023, se sont stabilisés en début d'année, avant d'amorcer une nouvelle hausse: de 3,10% en début d'année, à 3,20% aujourd'hui...

"Ils vont probablement continuer à remonter jusqu'à 3,50%, mais pas de façon exponentielle. Cela ne devrait pas bloquer plus que cela le marché immobilier", commente Priscille Caignault.

Laurent Rose, notaire à Nice, craint quant à lui qu'une hausse des prix "trop précoce", sans les volumes suffisants, vienne "doucher la reprise".

Sachant que la durée de détention des biens tend à s'allonger: un propriétaire d'appartement ancien le conserve en moyenne pendant 12 ans, soit un an de plus qu'en 2015, avant de le remettre sur le marché. Et ce, notamment parce que beaucoup ont souscrit à un crédit immobilier lorsque les taux étaient au plus bas... La reprise devrait donc être très progressive.

Pour un remboursement de 800 euros par mois sur vingt ans, vous pouvez vous offrir selon les Notaires de France: un appartement de 12 mètres carrés à Paris, de 33 mètres carrés à Bordeaux, de 49 mètres carrés à Chambéry et de 76 mètres carrés à Brive-la-Gaillarde.