Pas-de-Calais: l'IGPN saisie après la plainte d'un migrant érythréen de Calais

Une enquête de l'IGPN est en cours après une plainte déposée par un migrant érythréen de Calais. - -
Une enquête de l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN) est en cours après une plainte déposée en janvier dernier par un migrant érythréen de Calais. Ce dernier affirme avoir été victime d'un tir de LBD (lanceurs de balles de défense), a précisé le parquet de Boulogne-sur-Mer.
Son avocat, Me Étienne Noël, va également déposer, devant le tribunal administratif de Lille "d'ici cette fin de semaine", une double requête en référé expertise. Il réclame la nomination d'un médecin légiste et d'un expert en balistique.
Selon le parquet de Boulogne-sur-Mer, la plainte, révélée par Médiapart et Libération, a été déposée le 25 janvier et transmise à l'IGPN le 18 février. Elle rapporte que les CRS, après avoir dispersés un groupe d'une dizaine de migrants sur leur "camp de vie", "ont tiré" sur eux "avec des armes ressemblant à des LBD" à Calais le 11 novembre 2020.
Des tirs de LBD non réglementaires selon l'avocat
"L'enquête devra d'abord déterminer quelle compagnie de CRS était engagée ce jour-là et vérifier les carnets de suivi devant être remplis lors de tout usage de LBD", a précisé à l'AFP Pascal Marconville, procureur de Boulogne-sur-Mer.
Selon Me Noël, "les tirs de LBD ont été faits à 8-9 m, très en deçà de la distance réglementaire, de surcroît au niveau de la tête".
"Le choc a été extrêmement violent" et cet homme, qui a déposé une demande d'asile politique en France et réside aujourd'hui dans un foyer à Calais, "a subi de nombreuses fractures, au front, aux orbites et aux dents". "Nous voulons retourner contre l'État l'arme du droit", a-t-il conclu.
Cette accusation de tirs LBD au visage avait été portée le 17 novembre dans une lettre ouverte des migrants érythréens de Calais, diffusée par l'ONG Human Rights Observers. "Les CRS agissent parfois au-dessus de la loi; un pays démocratique ne peut pas être considéré comme tel s'il utilise la force physique de cette manière", écrivaient-ils notamment.
La préfecture du Pas-de-Calais juge "graves" ces accusations
Interrogée par l'AFP, la préfecture du Pas-de-Calais avait jugé "graves" ces accusations, et demandé un "rapport très précis au directeur départemental de la sécurité publique".
Sur la journée du 11 novembre, elle avait expliqué que les CRS sécurisaient une intervention des pompiers portant assistance à un migrant blessé au cours d'une rixe. Lors de cette opération, les forces de l'ordre ont été caillassés et c'est "pour rétablir le calme" qu'usage avait été fait "de plusieurs grenades lacrymogènes et de cinq tirs LBD".













