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Inondations: la lente décrue se poursuit dans le Pas-de-Calais

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La décrue s'est amorcée dans le Pas-de-Calais mais reste encore très lente. Beaucoup d'habitants ont toujours les pieds dans l'eau et de nombreux services ne sont pas rétablis.

Toujours sous l'eau après deux semaines d'intempéries exceptionnelles et d'inondations dévastatrices, le Pas-de-Calais entrevoit peut-être le bout du tunnel, avec un retour ce vendredi 17 novembre en vigilance jaune et une décrue bien visible.

"Les faibles pluies des derniers jours et l'accalmie d'aujourd'hui permettent une baisse des niveaux sur les cours d'eau", souligne dans son bulletin de 16 heures l'organisme Vigicrues, qui attend des "pluies modérées" ce samedi.

Celles-ci "pourraient ralentir cette décrue, voire faire modérément remonter les niveaux", prévient-il.

"C'est interminable"

La décrue reste lente dans le département, connu pour ses vastes zones de marais, mais la Canche et la Lys, les deux rivières les plus à risque ces derniers jours, ne sont plus en vigilance orange.

À Saint-Léonard et Saint-Étienne-au-Mont, deux communes près de Boulogne-sur-Mer, zone la plus affectée ces derniers jours, l'eau avait reflué vendredi des rues inondées en début de semaine, ont observé des journalistes de l'AFP.

À 50 km au sud, des habitants de Neuville-sous-Montreuil sont venus vendredi, comme chaque matin, constater l'évolution des dégâts dans des rues encore en partie inondées.

"Le niveau a baissé un peu, mais la grande peur, c'est: est-ce qu'il va remonter? On n'en peut plus. Ça monte, ça descend, ça remonte. C'est interminable", peste Stéphane Paques, 49 ans, chauffeur routier résidant dans la commune.

"L'eau est toujours à 70 cm"

La situation est toujours difficile dans les marais de Guînes, à 15 km de Calais, où les routes et les maisons, vides de leurs occupants, restent inondées, sous un ciel bleu et dégagé, selon un journaliste de l'AFP.

"Je suis revenu mercredi. L'eau est toujours à 70 cm devant ma maison, et entre un mètre et 1,20 m derrière", se résigne François Caillet, les bottes dans l'eau.

"On est parti depuis dix jours, on n'est pas près de rentrer chez nous. Il y a encore 20 cm dans la maison, 50 cm dans le garage", regrette Bertrand Betremieux, garagiste qui habite à Guînes. "L'expert doit passer à la maison, j'ai encore vu l'assureur hier mais vu les circonstances, il est débordé. Donc on attend."

À la Madelaine-sous-Montreuil, à quelques kilomètres, les secours entassaient à la mi-journée des dizaines de sacs de sable pour renforcer des digues de fortune près du restaurant doublement étoilé La Grenouillère, encerclé par les eaux, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les pompiers restent "assez vigilants" car "au moindre événement climatique d'ampleur, on pourrait de nouveau être fortement sollicités", souligne le capitaine Anthony Trahan, chef du centre d'incendies et de secours d'Etaples-sur-mer.

Encore de nombreux services perturbés

Si les dégâts s'annoncent majeurs, le bilan humain reste à quatre blessés depuis le 6 novembre, selon la préfecture.

Jeudi soir, 5.200 personnes souffraient toujours de restrictions en eau potable, une situation qui devrait perdurer plusieurs jours. Plus d'une centaine de foyers restent privés d'électricité.

Entre le 16 octobre et le 14 novembre, le Pas-de-Calais a enregistré un cumul de précipitations de 295 mm, ce qui en fait l'épisode de 30 jours le plus pluvieux dans le département depuis le début des mesures par Météo-France en 1958.

Après les collèges et lycées qui ont rouvert progressivement mercredi, la plupart des 1.290 écoles fermées depuis lundi accueillent de nouveau leurs élèves depuis jeudi, a annoncé la préfecture, seules 17 d'entre elles n'ayant pu rouvrir vendredi.

Les transports scolaires, très perturbés, "circuleront normalement, sous réserve de la praticabilité des routes", à partir de samedi, a annoncé la région. Le trafic ferroviaire est lui toujours interrompu sur deux tronçons (Boulogne-Etaples et Saint-Pol-Etaples), selon la SNCF. Sur les routes, 37 axes sont coupés, soit environ 105 km.

Depuis le 6 novembre, environ 1.500 personnes ont été évacuées à cause de ces crues, exceptionnelles par leur durée et leur intensité. S'ils constituent des phénomènes naturels, les inondations, cyclones et sécheresses peuvent être amplifiés par le réchauffement climatique généré par les activités humaines.