Dunkerquois: un plan pour adapter les services publics face à la pression migratoire

Dans l'ouest du Dunkerquois, la Communauté urbaine (CuD) et la préfecture du Nord veulent alléger la pression migratoire sur le cadre de vie. Un plan d'action a été dévoilé le mercredi 7 mai et les premières mesures se sont appliquées ce lundi.
Des saturations de lignes
La ligne de bus C4 vers Gravelines est désormais doublée entre 6h30 et 8h30 puis de 17h30 à 20h30.
"On a des problèmes d'accès au service public de transports collectifs. Quand les migrants vont sur les sites où ils doivent rejoindre des small-boats, ils vont saturer des lignes et un certain nombre de familles nous disent que leurs enfants ne peuvent plus aller à l'école puisque les bus sont pleins", déplore Patrice Vergriete, le président de la CuD au micro de BFM Grand Littoral.
Des renforts d'effectif de police et de réservistes vont être déployés dans les bus de la Communauté urbaine. "Systématiquement, [il y aura] un agent de sécurité et de médiation dans ces bus, aux heures de pointe", ajoute l'ancien ministre.
Le rapprochement des campements
La présence des candidats à la traversée de la Manche dans l'ouest de l'agglomération comme à Loon-Plage, à Grand-Fort-Philippe ou à Gravelines, s'accompagne de désagréments pour les riverains.
"Vous avez des problématiques de gestion de déchets puisque les migrants s'en débarrassent, on les comprend, avant de partir dans la Manche et la mer du Nord. On a des problèmes de campements qui s'approchent de plus en plus des habitations", poursuit Patrice Vergriete.
Aussi, le plan prévoit le renforcement du nettoyage des zones en complément du travail des services municipaux et l'indemnisation des victimes de dégradations. Une unité de force mobile supplémentaire doit être affectée. Le démantèlement des campements proche des habitations a également été acté.
Ces mesures ont un coût avoisinant 100.000 euros par mois. Si la charge financière est prise en charge pour le moment par la collectivité, elle compte demander une subvention à la Grande-Bretagne dans le cadre de l'accord de coopération sur la sécurisation de la Manche.
Les tentatives de traversée de la Manche se sont multipliées ces dernières années. En 2024, selon le décompte de l'Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim), 78 migrants sont morts dans ces dangereuses traversées, un record depuis le début en 2018 de ce phénomène.
De janvier à décembre 2024, plus de 36.800 personnes sont arrivées au Royaume-Uni sur des embarcations de fortune, soit 25% de plus qu'en 2023. Dans la nuit de dimanche à lundi 12 mai, une personne migrante est morte au cours d'une tentative de traversée clandestine de la Manche, a annoncé ce lundi la préfecture maritime. Le naufrage s'est produit au large d'Hardelot, près de Boulogne-sur-Mer.













