Calais: une bénévole d'une association pro-migrants convoquée devant la justice pour "outrage" et "rébellion"

Un camp de migrants à Calais le 1er décembre 2021 - FRANCOIS LO PRESTI © 2019 AFP
Une bénévole d'une association d'aide aux migrants a été placée en garde à vue mardi et convoquée le 11 mai devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer pour "outrage" et "rébellion" lors du démantèlement d'un campement migratoire à Calais, ont indiqué mercredi préfecture et parquet.
"Elle a tenté de porter des coups à un CRS"
Mardi après-midi "à l'occasion d'une opération d'évacuation", menée "sous le contrôle du Procureur de la République", une personne "a refusé de quitter la zone de démantèlement", a indiqué à l'AFP la préfecture du Pas-de-Calais.
"Elle a ensuite tenté de porter des coups à un CRS affecté à cette mission. Cette personne a été interpellée puis placée en garde à vue", a ajouté la préfecture.
Cette garde à vue a pris fin mercredi et la jeune femme de 25 ans "a été déferrée pour une convocation en justice le 11 mai à 13H30 devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer", a indiqué le parquet à l'AFP.
L'Auberge des migrants dénonce l'augmentation de la violence lors des expulsions
La bénévole de l'Auberge des Migrants "était en train d'observer une expulsion" avec d'autres associatifs quand un CRS "l'a saisie par le col", a relaté Pierre Roques de l'Auberge des migrants.
Elle a alors "levé les bras dans un mouvement réflexe" et a été interpellée, a-t-il ajouté, dénonçant une augmentation dernièrement de la violence lors des expulsions de campements à Calais.
Mardi, "plusieurs opérations, fondées sur le régime juridique de la flagrance de l'installation illicite sur un terrain public ou privé, ont eu lieu" sur différents sites à Calais, a précisé la préfecture.
Des affrontements avaient éclaté jeudi dernier à Calais entre des forces de l'ordre et des migrants lors du démantèlement d'un campement, faisant plusieurs blessés.
Des migrants avaient de nouveau été évacués de ce même site dimanche lors d'une opération décrite comme "très violente" par le réseau inter-associatif Human Rights Observers (HRO), mais le secrétaire général de la préfecture du Pas-de-Calais, Alain Castanier, avait lui relaté une opération qui s'était "bien déroulée" sans "violence particulière".
Les autorités revendiquent sur le littoral nord de la France de lutter contre tout "point de fixation" migratoire, alors que les traversées de la Manche à bord de petites embarcations ont atteint en 2021 un nombre record, à plus de 28.000 personnes, selon l'agence de presse britannique PA.
Au moins 34 personnes y ont trouvé la mort, dont au moins 27 le 24 novembre dans le naufrage le plus meurtrier survenu sur cette voie migratoire.













