Pollution du site Metaleurop: les élus du bassin minier estiment que "l'État est responsable"

"L'État est responsable." Les communes minières du Nord pointent du doigt la responsabilité de l'État dans la pollution du site Metaleurop Nord, alors même que l'État avait annoncé au printemps son pourvoi en cassation après une décision de justice.
"Cela fait 21 ans que ce dossier traîne. Depuis 2003, on n'a pas d'issue malgré la volonté des élus", a déploré Jean-Pierre Kucheida, président de l'Association des communes minières, ce mardi 15 octobre sur le plateau de BFM Grand Lille, à l'évocation de l'indemnisation des victimes de Metaleurop Nord.
Depuis la fermeture du site industriel de cette ancienne fonderie se pose la question de l'impact sur la santé des tonnes de métaux lourds répandues dans l'air, notamment le plomb et le cadmium. Des tests effectués début 2023 ont encore relevé des cas de saturnisme et une forte imprégnation au plomb.
Le 23 mai, la cour d'appel administrative de Douai a condamné l'État à indemniser les victimes pour un montant de 1,2 million d'euros. La décision avait été accueillie avec satisfaction, mais l'enthousiasme a été douché lorsque l'on a appris qu'un pourvoi en cassation avait été formé.
Une charge contre la ministre Pannier-Runacher
Pour l'ancien député socialiste, la responsabilité de l'État ne fait pas de doute. "Ici, on nous dit que l'État ne doit pas être condamné et que finalement, les gens n'ont que le droit de barboter dans les difficultés qui sont les leurs. L'État est responsable puisqu'il donne les autorisations aux entreprises de s'installer, et c'est à lui également de contrôler ce qu'il se passe dans l'entreprise".
Le président de l'association des communes minières accuse également la nouvelle ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, de ne pas agir. Celle-ci a indiqué le 24 septembre dernier que la décision d'aller en cassation avait été prise avant sa nomination.
"Qu'une ministre, qui en plus de ça, à voulue être élue dans le bassin minier, qui aujourd'hui se retrouve élue à Arras, puisse conforter la position de l'État alors qu'elle a la possibilité de retirer cette volonté de détruire quelque part notre région encore plus (...) c'est inadmissible", a-t-il lâché.
Une différence de traitement?
Pour Jean-Pierre Kucheida, cette situation illustrerait un traitement de défaveur réservé par l'État au bassin minier du Pas-de-Calais.
"Aujourd'hui, l'État conteste une pollution avérée. C'est 775.000 fois de plus que le seuil normal. (...) Nous sommes dans la région la plus impactée de France. Quand je vois l'argent que l'on a mis dernièrement sur Marseille par rapport au bassin minier qui a tout donné à la France. On ne leur accorde pas le moindre droit", dénonce-t-il.













