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Polluants éternels: la métropole de Lille assure que l'eau du robinet peut être "consommée sans risque"

BFM Grand Lille Emma Forton
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Suite à une enquête publiée par Radio France sur la présence de polluants éternels dans l'eau du robinet à Lille, la Mel a tenté de rassurer dans un communiqué. Elle l'assure, l'eau est potable et la limite réglementaire est bien respectée. L'origine de la contamination reste encore inconnue.

"L'eau de la métropole peut continuer à être distribuée et consommée sans risque", a affirmé la métropole européenne de Lille (MEL), ce jeudi 20 septembre dans un communiqué.

Une inquiétude que la métropole a tenté de tempérer, après la publication d'une enquête de Radio France sur la présence de polluants éternels dans l'eau du robinet sur l'ensemble du territoire. Celle-ci avait révélé la présence de polluants éternels (PFAS) "cancérogènes ou interdits en quantité importante", à Lille.

"La limite est bien respectée"

Mais la métropole de Lille l'assure, "les niveaux constatés dans le cadre de cette enquête sont inférieurs aux seuils de qualité établis par la réglementation". Le résultat évoqué par Radio France fait état d’une concentration de 0,0584 µg/L. Ainsi, la limite de qualité de 0,1 µg/L est bien respectée, d'après la métropole.

De plus, les résultats des 33 prélèvements réalisés par l’Agence Régionale de Santé (ARS) des Hauts-de-France sont également conformes aux seuils réglementaires.

Des polluants répandus et résistants

Mais alors comment justifier la présence de 9 PFAS sur 25 recherchés? Dans son communiqué, la MEL le justifie."Les PFAS sont des substances d'origine industrielle utilisées depuis les années 1950 dans divers produits tels que les poêles anti-adhésives, les emballages alimentaires, les textiles, et les mousses anti-incendie, explique-t-elle. En raison de leur utilisation répandue, ils se retrouvent dans l'environnement, notamment dans l'eau et les aliments."

D'autant plus que ces polluants éternels persistent au fil des années. "Les PFAS sont très résistants et se dégradent peu après leur rejet dans l'environnement. Cette persistance les rend particulièrement problématiques, car ils peuvent s'accumuler dans les sols et les eaux souterraines, contaminant ainsi les ressources en eau potable", ajoute la métropole de Lille.

L'origine de la contamination en cours d'investigations

La métropole de Lille cherche toutefois à déterminer "l’origine de la contamination". Cette dernière "fait l’objet d’investigations, notamment concernant la possible présence d’anciennes décharges ou les effets des pluies intenses qui auraient pu provoquer la remontée de ces polluants", est-il précisé dans le communiqué.

Selon l'enquête de Radio France, sur 89 échantillons d'eau du robinet prélevés par les journalistes de la radio publique, "43% contenaient des PFAS, 27 avaient des PFAS interdites ou classées comme cancérigènes, dont cinq à des niveaux préoccupants", en l'occurrence à Auxerre, Lille, Saint-Jean-de-Losne (Côte d'Or), Saint-Vit (Doubs) et Déols (Indre).

Trois communes présentent un taux global de PFAS supérieur à la norme référence en Europe de 100 nanogrammes/litre pour les 20 PFAS réglementés, qui doit entrer pleinement en vigueur en 2026: Cognac (Charente), Martres-Tolosane (Haute-Garonne) et Saint-Symphorien-d'Ozon (Rhône).