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"On ne peut pas rattraper le manque à gagner": le bilan mitigé de Noël pour les commerces lillois

BFM Grand Lille Juliette Mitoyen , Journaliste BFM Régions
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Malgré une clientèle locale au rendez-vous, les fêtes de fin d'année n'ont pas permis aux commerçants de la métropole lilloise de compenser une fermeture de plusieurs semaines durant le confinement.

Leur réouverture en décembre, durant la période des achats de Noël, n'aura pas suffi aux commerces lillois pour compenser le retard accumulé durant les semaines de confinement à l'automne.

"On ne peut pas rattraper le manque à gagner", résume ainsi ce lundi sur BFM Grand Lille Hélène Natier, Fédération Indépendante du Commerce de la Métropole Européenne de Lille (Ficomel), qui a dressé un bilan mitigé des fêtes de fin d'année pour les commerçants de Lille.

Des Lillois "au rendez-vous", les touristes absents

La clientèle locale a été "au rendez-vous au mois de décembre dans les boutiques de proximité", explique Hélène Natier. Selon elle, "il y avait une volonté des gens d'aller dans les boutiques, de créer du lien, d'avoir un peu d'humain".

Ces clients ont ainsi fait marcher les commerces de bouche, qui ont "très, très bien fonctionné", détaille la présidente de la Ficomel. "Il y a eu un report sur des achats sur les épiceries fines et les marchands des halles de Wazemmes."

Les commerces de la métropole n'ont cependant pas pu bénéficier de la venue de certains visiteurs, qui se rendent traditionnellement à Lille pour Noël.

"Les gens qui venaient de loin ne pouvaient pas venir puisqu'il n'y avait pas de restaurants et de cafés. Leur 'non-ouverture' pose problème pour l'attractivité de la ville", précise Hélène Natier. "Et on n'a pas eu les Belges."

Une baisse de "25% à 30% du chiffre d'affaires"

La présidente de la Ficomel craint par ailleurs que le fonds de rebond de la MEL, qui pourra prendre en charge le loyer de certains commerces durant trois mois à hauteur de 1500 euros, ne suffise pas à empêcher les fermetures.

"Il y a quand même des gens très fragilisés, juge Hélène Natier. Globalement, sur une année, un commerçant a fait entre 25% et 30% de chiffre d'affaires en moins. Donc ça va être un peu lourd à remonter."

La crainte des travaux à venir dans le Vieux-Lille

La présidente de la Ficomel déplore également le début, dans les prochaines semaines, de travaux dans le Vieux-Lille. Elle craint que ces derniers repoussent les clients hors du centre-ville.

"Je trouve qu'il y a vraiment un manque de réflexion parce qu'on vient de traverser une année compliquée. On sait que les travaux sont nécessaires mais on est très fragilisés", explique-t-elle.

Hélène Natier souhaite ainsi "une réflexion plus nourrie avec la Mairie et la MEL pour anticiper les difficultés à venir", qui pourrait selon elle aboutir à "une indemnisation ancitipée pour les commerçants".