"On n'est pas dans le rouge": malgré la chaleur, la sécheresse dans le Nord-Pas-de-Calais est encore loin

Exploitation agricole près de Blécourt, dans le nord de la France. Paris a demandé à l'Union européenne de venir en aide aux agriculteurs français touchés par une sécheresse grandissante, a annoncé le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire. /Photo prise - -
Cette semaine dans le Nord-Pas-de-Calais, le mercure pourrait flirter avec les records de chaleur journalière. Les prévisionnistes estiment que la température devrait atteindre 28°C à Lille ce jeudi 1er mai. Cet épisode anticyclonique intervient alors que la région a connu un mois de mars historiquement sec.
"Depuis le 1er février, il est tombé 69 mm en moyenne sur la région, légèrement supérieure à la quantité normalement attendue lors d'un seul mois de février. Le trimestre février - mars - avril 2025 est le moins pluvieux enregistré depuis 1959 devant février - mars - avril 2011", précise Météo-France dans un bulletin publié ce mardi 29 avril, ajoutant que les précipitations sont déficitaires depuis le mois de février.
Les agriculteurs se plaignent déjà de l'aridité des sols. L'indice d'humidité des sols dans les Hauts-de-France corrobore le constat des exploitants avec une courbe qui se rapproche des records de sec sur la première quinzaine d'avril.
Un comité départemental de la ressource en eau
Selon nos informations, les services de l'État dans le Pas-de-Calais ont décidé de réunir le 15 mai un comité départemental de la ressource en eau pour faire le point sur la situation. Pour l'instant, aucun des préfets des Hauts-de-France n'a pris d'arrêté pour réglementer l'usage de l'eau.
Les hydrogéologues appellent cependant au calme. Dans son bilan du niveau des nappes phréatiques, le BRGM (service géologique national) indique que la situation est contrastée avec une région coupée en deux. Sur la partie ouest du Nord-Pas-de-Calais, les nappes phréatiques ont entamé leur vidange, à l'ouest, la recharge se poursuit.
"On est sur un cycle normal"
"On est sur un cycle normal. Les nappes atteignent leur niveau maximal en mai ou juin puis le niveau baisse jusqu'en octobre. Ce sont les pluies d'hiver qui alimentent des nappes, pas celles du printemps", explique Jamal El Khattabi, hydrogéologue à l'université de Lille auprès de BFMTV.com.
Le scientifique rappelle la spécificité géologique du Nord-Pas-de-Calais qui bénéficie de par la nature de ses sols, de solides atouts pour fixer la ressource en eau. "Vous avez la nappe de la craie recouverte de limons et entre lesquels se trouve de l'argile imperméable. Cela empêche l'eau de s'infiltrer complètement et forme ainsi une nappe superficielle", ajoute-t-il.
Et l'hydrogéologue de rappeler que la régulation tient finalement moins à l'état de la ressource qu'à la pression des usages. "On n'est pas dans le rouge, mais on est dans les temps pour prendre les décisions qui s'imposent. Dans le contexte du changement climatique, il faut admettre que les sols soient secs, sans s'alarmer puisque l'on peut constater une carence sur plusieurs mois et terminer une année avec un bilan excédentaire".













